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La pensée est l’espace où nous sommes au monde et d’où nous le projetons.
Un entre-deux-mondes, entre le corps et le dehors,
à mi-lieu des deux bien qu’au milieu de nulle part,
comme le point de fuite où s’artificialise leur rapport.
La réalité de la pensée, sans implantation réelle, est d’incorporer la vie.
En ce sens, mes propositions sont des sortes d’ « utopies » effectivement réalisées.
C’est-à-dire qu’elles ne se font pas objet du phantasme sans se faire objet du leurre – en saisir l’illusion par l’image ; en produire la séduction par la mise en perspective qui dérive le regard.
Ces constructions sont des miroirs qui dessillent la pensée en réfléchissant sa spécularité qui fait qu’elle voit en la vie son propre reflet.
Chacune des formes contextualise la pensée à l’endroit de la vie qu’elle fonde en idées, la met sous effet.
La dimension réflexive de mon travail tend à rendre sensible ses inventions comme son inventivité pour opérer sur le mouvement d’ensemble de son processus.
Dès lors, se tenir à nouveau au bord, entre le corps et le dehors.
Transmuer leur rapport ; muer l’illusion en invention.
Expérimenter de singulières manières d’être à la vie, d’être en vie ;
inventer une inventivité qui
diffère…
Virginie Boutin