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Petite révolution métaphysique opérée par la « réalité augmentée » : L’homme ne perçoit plus la réalité extérieure par ses sens mais bel et bien à l’aide d’outils et de capteurs qui chargent cette réalité d’informations inédites.

 

 


Le patriarcat est une opération de substitution du pouvoir d’engendrement féminin, un tour de passe-passe, une entourloupe qui a enfanté Dieu.

 

 


Retrouver les racines « naturelles » de nos valeurs culturelles. La morale naît de l’instinct social.

 

 


Dostoïevski : « Il nous faut aimer la vie plutôt que le sens de la vie »…

 

 


Pour Pensoir de ventre – état puerpéral : troubles psychiques, qu’ils soient psychotiques ou névrotiques majeurs ou mineurs, qui frappent les accouchées et les allaitantes.

Par métaphore « Je suis, quand j’écris, dans la situation d’un enfantement interminable, d’un travail puerpéral qui se contrarierait obstinément lui-même, et ne garderait que la souffrance de l’accouchement sans s’accorder la délivrance finale. » (AMIEL, Journal, 1866.Cf. Traité de la folie des femmes enceintes.)

Certains auteurs, à l’instar de Tarnier, vont jusqu’à donner à l’état puerpéral une extension plus grande encore. Tous les faits qui tendent à la reproduction de l’espèce, menstruation, grossesse, parturition.

C’est dans l’utérus que les anciens avaient placé le siège de l’hystérie. « Là, dit Hippocrate, se trouve le point de départ de mille maux. »

 

 


« Pensoir de ventre » sous-titré : Relevé d’impressions d’une primipare qui se pensait nullipare.

 

 


Faire corps avec la vie. Ne plus l’éprouver comme extérieure, « entité » indépendante de soi mais l’incarner, se confondre avec.

Je comprends de l’intérieur ce désir de coïncidence avec la vie mis en scène par la pensée masculine sous les traits du divin, comme une résurgence atavique en quelque sorte, de l’évidence féminine. En fait, la femme vit cette coïncidence avec la vie, l’homme la dévie parce qu’il la désire.

 

 


Pour « Pensoir de ventre » - De la grossesse comme d’une création continue, 24 heures sur 24.

 

 


Inventer une théorie en pratique sans tomber dans la pratique théorique qui n’est autre que la rhétorique.

 

 


De la vacuité de la vanité. Chasser comme un mauvais rêve le désir de gloire.

 

 


La pensée comme acte créateur.

 

 


Porter la vie comme un monde. De la rotondité de mon ventre ou mon ventre, cette terre ronde.

 

 


Armandus (mon fils) : Petit parasite chronophage.

 

 


Mon devenir-nid.

 

 


Selon, Stiegler, il existe trois mémoires chez l’homme, et non deux – une mémoire phylogénétique de l’espèce, soit le génome humain, une mémoire individuelle, celle que j’ai de ma propre histoire et de tout ce que j’ai appris, et une mémoire de l’espèce externalisée, que Stiegler baptise la « m »more exophylogénétique de l’espèce », déposée dans les objets techniques que nous manions…

 

 


Totémisme selon Lévi-Strauss : manière de se servir des écarts et rapports entre les différentes espèces animales et végétales pour penser les écarts et les rapports entre les différents groupes sociaux humains, en d’autres termes de se servir de la nature pour penser la culture. A l’inverse, l’animisme se sert des catégories élémentaires de la vie sociale pour penser son rapport aux entités naturelles. Une autre manière encore de se relier au monde qui ne s’apparente ni au totémisme ni à l’animisme et qui est typiquement occidental, le naturalisme, qui oppose nature et culture de façon presque conflictuelle. Pour une classification universelle de la culture ?

 

 


De l’idéologie de la peur ambiante : plus nous possédons, plus nous craignons de perdre. La montée des peurs est donc un effet mécanique de l’égalisation et de l’amélioration des conditions.

 

 


Husserl : « La conscience n’a pas de « dedans » ; elle n’est rien que le dehors d’elle-même et c’est cette fuite absolue, ce refus d’être substance qui la contient comme conscience. »

La conscience comme acte de sortie de soi qui appréhende directement les objets qu’elle vise. Toute conscience est conscience de quelque chose ; le sujet est toujours lié, corrélé à l’objet qu’il perçoit, imagine.

 

 


Le cerveau est une machine qui projette sur le monde ses hypothèses comme ses intentions, et la perception est toujours une action simulée.

 

 


En résonnance avec les « neurones miroirs » découverts par Rizzolatti, le psychologue Pierre Janet disait déjà que percevoir un fauteuil, c’est percevoir le mouvement qu’il faut effectuer pour s’y asseoir : c’est exactement ce qui se produit. Le cerveau est un simulateur. L’interaction est permanente entre mon corps, mes actes ( cognitifs et physiques) et l’environnement extérieur.

 

 


De la visibilité. Pourquoi Paris Hilton est-elle aussi célèbre ? Parce qu’elle est connue… pour sa notoriété. Cette parfaite tautologie résume le marché de l’image aujourd’hui.

 

 


Quel sens cela a-t-il de donner précisément du sens à notre existence, si ce n’est pour renier notre insignifiance ?

 

 


A propos de l’idéal kantien : Peut-on vraiment vouloir être irréprochable…sans avoir quelque chose à se reprocher ?

 

 


« Plus que jamais les deux grandes instances qui dirigent le monde sont l’école et le tribunal : dans une époque de concurrence farouche, nous sommes toujours à la fois jugés et notés, soumis à l’examen et à l’évaluation de nos pairs. » Pascal Bruckner.

 

 


Le paradoxe du couple moderne : comment construire une histoire qui dure sur l’amour-passion forcément éphémère ?

 

 


Pour une théorie de la dispute : Lorsque le sentiment d’amour s’est évanoui, les querelles peuvent répondre à une autre motivation, dit Stendhal. Elles ont même une vertu vivifiante- elles font éclore chaque jour un petit drame ; elles occupent l’imagination et remplacent les titillations délicieuses de l’amour-passion. Ainsi, les querelles sont paradoxalement susceptibles de faire tenir le couple, en lui offrant une contrefaçon de la passion manquante.

 

 

 

 


Raison d’être de mes œuvres plastiques : faire vivre la pensée, la rendre aussi contagieuse qu’une émotion. Ou plutôt, la révéler comme la première émotion.

 

 


Le temps n’existe que là où il ya conscience de la vie.

 

 


Enfantin : Le sens de la vie, c’est la vie ! Autant dire qu’enfanter c’est l’éprouver !

 

 


Le vide ne serait que de la matière en repos ( et en aucun cas un néant). Faire une œuvre de cela.

 

 


Pour clouer le bec au manichéisme : l’enfer est le paradis du diable.

 

 


La connaissance a pour fonction – ou pour raison d’être – de lisser les contours de l’inédit, de rendre la nouveauté supportable, toute connaissance se donne d’abord comme une reconnaissance, c’est-à-dire une méconnaissance de l’altérité. Tel un estomac qui assimile des aliments divers ou excréments comparables, le goût de connaître réduit l’autre au même, le singulier au cas particulier, l’étrange au semblable et, cherchant son pareil dans le miroir que les autres nous tendent, assigne au monde redevenu monotone l’ennuyeuse tâche de nous montrer seulement notre propre image.

 

 


« Les institutions sont là pour nous éviter de nous reposer sur une transcendance, c’est leur sens et leur fonction. Il ne s’git pas d’avoir confiance dans l’Institution mais dans les institutions, dans la multiplicité de leurs valeurs et leur agencement. Nous avons cru protéger nos valeurs en les extrayant des institutions – dont nous avions profité avant de les détruire – comme des pêcheurs qui prétendraient sauver les poissons de l’asphyxie en leur faisant prendre l’air. » Bruno Latour

 

 


« Il y a plus à gagner qu’à perdre à accepter que cohabitent différentes relations à la vérité. C’est l’exigence pour échapper à l’accusation généralisée de mensonge, par rapport à une vérité conçue sous la forme de la transparence du réel, de l’honnêteté, de l’information parfaite. Le paradoxe de la situation que je qualifie de moderne, c’est un doute profond sur l’ensemble des médiations qui sont pourtant nécessaires pour reproduire toutes ces valeurs. Médiation, fabrication, artifice, manipulation, construction sont des termes rarement entendus positivement. Or, ce sont les conditions même de l’existence. » Bruno Latour

 

 


L’économie est devenue une religion séculière mondiale. Littéralement, notre « second état de Nature » : imitant la prétendue sélection naturelle des plus aptes selon des lois immuables.

 

 

Le conformisme est la règle bien plus que l’exception, les gens se laissent facilement circonvenir par les exigences de production et de consommation, le spectacle de la servitude volontaire est omniprésent.

 

 


La liberté véritable, on ne la trouve pas dans l’absence de contraintes – qui n’existe pas –, ni dans l’absence d’obéissance – qui n’est qu’une impasse, un bras de fer dépourvu de but –, mais dans une obéissance absolue à soi-même, ou plutôt à un dessein qui nous permet d’interposer, entre la fluidité de nos états de conscience et le monde extérieur, une certitude invariable qui provient du plus profond de nous-mêmes.

 

 


Nul besoin de croire en une idéologie pour qu’elle vous aliène. Aujourd’hui, l’idée de choix rationnel exerce son emprise sur nous de façon invisible, car vous n’avez pas besoin d’y croire. Il suffit de taire ses doutes. Du coup nous avons tendance à nous sentir coupables de ne pas parvenir à mener une vie épanouie. C’est que les régimes ont besoin de l’angoisse de leurs sujets : ces derniers seront portés à l’autocritique plutôt qu’à la critique du système.

 

 


Il existe un « divertissement volontaire » comme on a parlé d’une « servitude volontaire ».

 

 


En fait, aujourd’hui, la liberté ne nous emble pas tant résider dans le fait d’échapper à tout pouvoir que d’exercer soi-même un contre-pouvoir

 

 


La liberté de l’exilé, celui qui se retire du monde.

Faire l’expérience du monde par défaut – une œuvre…

 

 


A propos de la verbigération ou l’incontinence verbale. Quand on veut épuiser un sujet, on ne parvient qu’à épuiser l’auditoire…

 

 


La joie, c’est la vie qui ne veut pas mourir.

 

 


Les sentiments préexistent-ils aux mots qui les dénomment ou n’existent-ils pour notre conscience que lorsqu’ils ont un nom ?

 

 


Démocratisation de la démocratie. Une citoyenneté en actes.

 

 


A propos de ma théorie selon laquelle l’Homme croit en ses inventions en publiant tout bonnement qu’elles le sont – Exemple prégnant du fétiche ( ces objets fabriqués que l’on nourrit et entretient).

 

 

 


Abandon de la théorie du Big Bang au profit d’un univers tendu entre deux infinis.

 

 


La vérité est un mensonge à l’endroit, le mensonge, une vérité à l’envers.

 

 


L’assimilation de la mort du cerveau à la mort du corps tout entier n’est-elle pas caractéristique de notre ontologie naturaliste ?

 

 


Il suffit de se mettre devant un paysage ou devant la mer, pour faire l’expérience de notre immersion dans un monde visible borné par un horizon. Pour autant, notre imagination et nos connaissances peuvent aller au-delà de lui.

 

 


A propos de la paresse de notre système rationnel qui passe le plus clair de son temps à valider les réponses que formule notre système intuitif.

 

 


Ce qui fait l’identité, c’est que pour être soi-même, il faut s’identifier à soi-même. Donc, le soi n’est qu’un retour à soi, c’est un mouvement, ce n’est pas une entité fixe.

 

 


Nouveau concept forgé par Raphaël Lioger : L’individuo-globalisme qui résulte de la tension entre un individualisme exacerbé et un globalisme extrême. L’approfondissement du Moi m’ouvre à la conscience du monde, et inversement. Cette spiritualité moderne adopte de multiples formes mais devient universelle.

 

 


Le Moi – L’idole contemporaine par excellence.

 


« Par un travail inconscient de déguisement que les contraintes de civilisation imposent à l’amour propre, les instincts asociaux comme les inclinations les plus basses s’expriment sous les dehors de conduites morales. On nomme avec candeur « bravoure militaire » le déchaînement des tendances meurtrières, « fidélité conjugale » la peur de tromper son conjoint, « indulgence » une incapacité à se venger, « générosité » un moyen de se faire aimer, « humilité » le désir pusillanime de ne pas susciter la jalousie. » Frédéric Schiffter, à propos de La Rochefoucauld.

 

 


La courtoisie du trompe-l’œil, une œuvre.

 

 

« La servitude intellectuelle montre que l’amour-propre souvent « se hait lui-même » et qu’il fourvoie nombre d’esprits faibles dans les impasses de la conviction uniquement pour qu’ils aient l’impression de penser avec force. »

« L’honnêteté en philosophie ne consiste pas à édifier les hommes mais à les démoraliser tant leur vice le plus funeste est de croire en eux-mêmes. » Schiffter à propos de La Rochefoucault.

 

 


A propos de notre capacité à percevoir un invisible qui n’existe pas. D’où la question de Clément Rosset : Que voit-on quand on ne voit rien ? Ce qui ouvre un autre gouffre : Que pense-t-on quand on ne pense rien ? Car il s’agit bien là, selon lui, d’un « caractère étrange de la pensée  (…) C’est à cette faculté de croire voir et de croire penser, alors que rien n’est vu ni pensé, que les hommes doivent l’essentiel de leurs illusions. »

 

 


Personnalité narcissique : Pur produit de l’idéologie libérale, la personnalité narcissique est un phénomène social et culturel. Elle désigne moins chez les individus un « caractère » (qu’il faudrait condamner comme on condamnerait l’égoïsme) qu’une condition qui les contraint à un individualisme asocial ancré dans la perte de tout espoir de changer le monde.

 

 


La révolution de Nietzsche : « Aujourd’hui, je vais dire quelle est la pensée que, cette année, j’ai prise à cœur la première : je veux apprendre toujours davantage à considérer ce qu’il y a de nécessaire dans les choses. »

 

 


Relativisme : A l’échelle atomique, nous sommes tous éternels…

 

 


De même qu’il ne faut pas aimer le sens de la vie mais la vie elle-même, il ne faut pas aimer ce que signifie l’œuvre d’art mais le processus de création à l’œuvre.

 

 


A propos de l’art-thérapie, dont je disais pédante, qu’il instrumentalisait la création et la détournait de sa fonction , je me suis aveuglée sur un point essentiel : quel que soit la qualité d’une œuvre produite, elle constitue un miroir de part en part. Et il est toujours plus aisé pour se maquiller ou se raser de s’y mirer…

 

 


Le détour par soi n’est-il pas un continuel retour sur soi ?

 


Géographiquement, le fait qu’il y ait un horizon, bornant notre vision des paysages, est lié à la courbure de la terre.

 

 


La croyance ose un saut hors du monde. Elle a quelque chose de stupéfiant, d’injustifiable et, par là même, de courageux. Comment ? Nous vivons à la même époque, nous avons à peu près les mêmes connaissances générales en cosmologie, en médecine, en théorie de l’évolution, que sais-je ? Et pourtant, certains croient encore en la résurrection, à la félicité éternelle ou au Jugement dernier. Voilà qui est encore plus mystérieux, en un sens, que l’idée de Dieu elle-même.

La croyance ou cet art de se leurrer soi-même. Pour preuve, du point de vue des fidèles eux-mêmes, si l’on démontrait l’existence de Dieu, le fait même de croire perdrait son sens.

 

 

« Nous ne pouvons en aucune manière vivre et penser sans un certain degré de foi. Foi est synonyme d’hypothèse qui fonctionne. La seule différence que j’aperçoive, c’est que certaines hypothèses se réfutent en cinq minutes et que d’autres défient le temps. » James

 

 


Intéressant : « Dans un univers purement humain et dépourvu de Dieu, un appel à notre énergie morale manque de l’impulsion nécessaire. » Finalement, « cette disposition à l’énergie fait si profondément partie des possibilités de la nature humaine que, même si nous ne possédons aucune raison métaphysique ou traditionnelle de croire à l’existence d’un Dieu, nous en postulerions une, simplement pour nous donner le prétexte de vivre avec courage. »

Justification pragmatique de la croyance religieuse. Dieu y apparaît comme une « bonne idée », c’est-à-dire une idée qui marche. L’idée de Dieu est en effet mesurée à l’aune de son efficacité dans la vie individuelle mais aussi sociale, plutôt qu’en fonction de la vérité éventuelle de ses fondements.

 

 


Aimer Dieu en dépit du mal.

La religion fondée sur cette dialectique de la victime dans le devoir moral d’aimer un bourreau innocent, ne fait que traduire notre propre rapport à l’existence, aimer la vie en dépit de sa cruauté innocente.

 

 


Marcel Conche : « Finalement si l’on pouvait me démontrer que Dieu existe, cela rendrait ma vie extrêmement difficile à supporter. J’aurais un sentiment d’absurdité, car je devrais admettre que toutes les pires horreurs du monde ont leur justification. Ma certitude qu’il n’y a pas de Dieu fonde ma sérénité et ma joie. »

 

 


Si l’on tient absolument à raisonner selon la logique de la causalité et qu’on prétend que Dieu a créé l’univers ou les lois de l’univers, il faut expliquer qui a créé Dieu. Parallèle avec l’univers et ses composantes qui s’auto-crée. Nous faut-il abandonner la cause elle-même, son concept est-il caduc ?

 

 

 


« Concordisme » : quand l’Eglise fait des cadeaux empoisonnés à la science en approuvant certains de ses résultats, lorsqu’ils cadrent avec sa doctrine.

 

 

« Absolu » signifie étymologiquement ce qui est délié, séparé (ab-solutus) de nous. Le savoir de l’absolu c’est la connaissance authentique de ce qui est indépendant du sujet qui le vise. Une tension impossible.

 

 


Quentin Meillassoux, considérations qui font écho : La contingence – classiquement est contingent ce qui n’est pas nécessaire, qui n’a pas de raison d’être (ou de ne pas être : d’être ainsi plutôt qu’autrement). Au XXème siècles, les existentialistes, Sartre en tête, ont fait de la contingence le propre de l’existence humaine pour souligner que l’homme n’a pas d’essence qui le détermine à être de telle ou telle façon. Meillassoux va beaucoup plus loin : la contingence s’applique à absolument tout, elle est la « propriété éternelle de ce qui est » (après la finitude). Une seule chose est nécessaire à ses yeux : que les êtres et les lois de ce monde soient contingentes, précisément (c’est ce qu’il appelle le « principe de la factualité » : la nécessité de la contingence.)

 

 


Pour installation pièce-cerveau. Variante : boîte crânienne comme cage ouverte.

 

 


A propos de ma (non)-résignation : Descartes était géomètre, Pascal physicien, Leibniz était bibliothécaire. Avant l’invention de l’université, les philosophes faisaient un autre métier qu’enseigner l’histoire de la philosophie…

 

 


Ce paradoxe qui joue sur la coïncidence et voit la beauté quitter le champ artistique au moment où elle devient une obsession du quotidien.

 

 

 

 


La beauté, celle qui consiste à éprouver du plaisir en voyant ou en écoutant quelque chose sans vouloir le posséder.

 


Mes propositions plastiques ou œuvres comme signes : quelque chose qui fait advenir dans la tête des autres ce qu’il y avait dans la mienne.

 

 


« L’art est une piste d’envol pour la pensée. » Bertand Lavier

 

 


La « colonisation » fut l’amorce de la mondialisation.

 

 


Les réseaux sociaux comme idéologie de la communication.

 

 


Quand les histoires d’amour se déLITent…

 

 


A propos de mon intérêt pour l’objet : L’objet est la seule chose qui ait besoin de nous pour exister…

 

 


Morin : « Maintenant », tenant en main le monde.

 

 


Quand le « FN » devient « NF » (norme française).

 

 


A propos de notre classification du vivant divisée entre inerte et vivant. Les choses sont bien plus complexes qu’elles n’y paraissent. Une pierre est inerte mais elle existe, c’est-à-dire sans être vivante. On peut donc exister sans vivre, à l’inverse, on ne peut pas vivre sans exister. Vivre et exister ne sont donc pas synonymes.

 

 


Selon Barthes, est contemporain ce qui précisément d’une époque est inactuel, c’est-à-dire incompris.

 

 


Le moderne est question de l’infini ; le contemporain, celle du chaos.

 

 


Comment la pensée fait retour sur son propre processus, autrement, se retourne sur elle-même ?

 

 


Le mariage est insensé en ce sens qu’il normalise l’amour.

 

 


Se prendre au sérieux, c’est manquer de sérieux.

 

 


Je l’ai con-vaincu (en deux mots donc).

 

 


Pour la forme, Bergson : Le désordre n’existe pas, c’est un ordre que je ne retrouve pas.

 

 

 


Petit sophisme : Si le proprement humain est la dissociation de la reproduction et de la sexualité, autrement dit, l’introduction du futile, du superflu, dans le règne de la nécessité, la sodomisation n’apparaît-elle pas alors comme le référent de la civilisation ? L’homosexualité comme paroxysme de la culture, un comble ?

 


L’imitation au cœur des phénomènes mentaux (neurones miroirs).

Les trois stades observables chez le nouveau né :

-          Le faire (tirer la langue)

-          L’avoir (attraper, prendre ce que l’autre a en main)

-          L’être (l’identification à).

 

 


La mort est une idée neuve parce que chaque personne qui naît est confrontée à ce problème qui n’est que le sien d’une certaine manière. La nouveauté même d’une idée tient au fait que le problème qu’elle sous-tend n’est pas résolu, qu’il se reproduit à nouveau.

 

 


Guitry :  « Il y a de gens qui augmentent votre solitude en venant l’interrompre. »

 

 


Elstir (A la recherche du temps perdu) est l’artiste équivalent à Dieu mais qui, contrairement à lui dont la création tient à la nomination des choses, leur ôte leur nom, rend les choses à la candeur qui précède la dénomination des choses utilitaires.

 

 


Regarder les choses sans les faire précéder de ce que l’on veut y voir mais en s’attachant seulement à ce qu’elles montrent.

 


Le réel ne peut pas être à la hauteur du possible car le réel n’est que lui-même. Tout devient possible tant que ça n’est pas réalisé.

 

 

 


La réalité est une, elle annihile le possible, le réifie en rêve rétrospectif qui fait dire à chacun au terme de sa vie, qu’il aurait pu en avoir ne autre.

 

 


A propos de l’illusion du type qui prend du recul, qui hésite avant de décider. Cette illusion est une illusion de la conscience, du libre-arbitre. Une illusion de l’homme qui se sent à l’origine de ses actes alors que ses actes sont déterminés par le sens qu’il leur donnent et que les raisons qu’il se donne d’agir sont elles-mêmes élues, quantifiées par le choix qu’il a déjà fait. Une liberté qui consiste à être le contemporain des décisions que nous prenons alors que nous mettons ces décisions à distance de nous en nous donnant l’illusion que nous délibérons avant de choisir, avant d’avoir choisi.

 

 


Rien n’est rien. L’invention du rien.

Exemple de l’épicier chez qui vous allez, à la recherche d’un produit en particulier qui ne s’y trouve pas. Que dîtes-vous ? « Il n’ya rien ici ». Alors que vous n’avez pas vu rien, vous n’avez pas vu une absence de produit, vous avez juste traduit votre perception dans la langue de votre attente. (Bergson).

 

 


Le néant, comme son nom l’indique, n’existe pas. C’est la nature de mon désir qui produit du rien. Je m’attends à quelque chose. Ce quelque chose ne se produit pas, j’en déduis qu’il n’y a rien.

 

 


On confond la fabrication et la création. On croit que les choses se sont créées comme nous les fabriquons, or nous les fabriquons comment ? En vous servant de l’intelligence, en triant dans le réel différents possibles, celui qu’on va élire pour produire un objet en vue de telle fin (homo faber). L’homme artisan fonctionne sous le régime de la fabrication, c’est-à-dire l’imposition par l’intelligence d’un certain nombre de choix sur le monde qui tranche dans la réalité. Mais la réalité, elle-même, comment fonctionne-t-elle. Sur le mode de la création dit Bergson, sur le mode de l’organisation, soit du jaillissement. Or celui-ci ne nous émerveille que parce qu’on le compare à la potentialité de l’intelligence. Le type qui dit, par exemple, « le monde est extraordinaire. Comment Dieu a-t-il pensé à tout ça ? ». C’est une question qui n’a aucun sens. C’est l’intelligence, qui, comme une hallucinée se regarde elle-même dans le monde et voit une intelligence supérieure à elle. C’est une illusion. Alors qu’en réalité, justement, le monde est tout entier une affaire de création spontanée, vitale. Et ça n’est qu’après coup que nous inventons la possibilité pour le monde d’avoir été autre qu’il n’est.

 

 


(Un passage, presque en sa définition picturale, une transition ménagée entre deux tons ou deux teintes). Une traversée du miroir où l’illusion que l’on pensait avoir débusquée nous piège à notre tour pour nous en libérer. Ce n’est pas le monde qui est absurde mais la volonté de lui donner du sens.

 

 


La vérité est un mensonge qui s’ignore, à l’inverse, le mensonge a conscience de lui-même.

 

 


Mon travail ne parle pas de moi mais part de moi.

Mais en partant de soi, on divague toujours un peu si bien qu’on finit par parler de soi comme on ferait un détour pour repartir de soi. Car quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, on ne sort jamais de soi.

 

 


Etre superficiel par profondeur.

 

 


Pour installation à photographier – Vanité (crâne sous globe posé sur la table où un couvert est dressé. Aphorisme suivant : « Invitez la mort à dîner la rend plus digeste. »

 

 


Il n’est d’art qui s’appuie sur la conscience d’être mortel. Serait-ce la condition du génie ?

 

 

 

 

 


Le déni de la mort est un oubli de la vie.

 

 


Vocation essentielle de l’art : mettre en scène – on pourrait dire encore « exposer », la pensée au monde.

 

 


La question de la démocratie : comment construire une morale quand le ciel est vide ? contrepoint  de l’invention de l’éthique.

 

 


« Le culte du nouveau, de l’avenir, de la rupture avec la tradition qui caractérisera les velléités subversives du « modernisme » s’enracine, au plus profond, dans l’émergence de la subjectivité, de sorte que l’art contemporain, en un sens qu’il faudra préciser, appartient encore à l’orbite de l’esthétique moderne. » Luc Ferry

 

 


L’hybridation première, fantasme de l’homme mi-Dieu/mi-animal.

 

 


Dorénavant, l’homme est celui qui sait qu’il ignore (de l’homo sapiens sapiensl’homme qui sait qu’il sait à ?).

 


Comment cet instrument qu’est la main qui, en se déplaçant sur notre propre corps, permet d’en connaître les différentes parties, – comment cet instrument est-il connu lui-même en premier lieu ? Car c’est cette connaissance primitive de la main elle-même (et non de ce qu’elle touche) qui me permet de la mouvoir. D’où la seconde question : « comment un organe mobile, quelconque, a-t-il été constamment dirigé sans être connu ? » Maine de Biran in « Mémoire sur la décomposition de la pensée. » Un « je peux » fondamental sans la médiatisation de la relation au monde…mais ce qui le déborde : la vie.

 

 


Nous n’atteignons jamais la vie en elle-même. Dans le monde, il est vrai, nous voyons des corps vivants, mais jamais la vie. Ce caractère d’être vivant est une signification de la vie elle-même mais n’en est pour nous qu’une perception. Elle signifie la vie sans pouvoir la donner en elle-même.

 

 


Petit heideggerisme (sans lui) :  La vie n’appartient pas à l’ordre de ce qui est, à l’ordre de ce qui apparaît, mais à l’apparaître lui-même. C’est pour autant que nous sommes en vie, dans la vie, que nous avons accès à elle, et le mode de cet accès, c’est la vie elle-même ; et cela parce que seule la vie parvient en soi, seule la vie donne accès à soi.

 

 


La vie n’a pas de dehors,  aucune face de son être ne s’offre à la prise d’un regard quelconque.

La vie est invisible.

 

 


La vie est incapable de se séparer de soi, à l’instar de la pensée, respectivement, elles se supportent elles-mêmes dans une passivité foncière qui les caractérise de fond en comble.

 

 


Naître ne veut pas dire venir au monde, naître veut dire venir dans la vie. Nous ne pouvons venir au monde que parce que nous sommes déjà venus dans la vie. Mais la façon dont nous venons dans la vie n’a précisément rien à voir avec la façon dont nous venons au monde. Nous venons au monde dans la conscience, dans l’intentionnalité. A dire vrai, nous ne venons pas dans la vie, c’est la vie qui vient en nous.

 

 


Travail plastique – tout exprimer en ne disant rien.

 

 


Penser sa pensée, cette réflexivité là.

 

 

 


Citation sans auteur : « Le style vient toujours d’un défaut, d’une incapacité que l’on a à reproduire quelque chose, dès lors, on invente. »

 


Nietzsche, pour la formulation : « Il n’existe pas de phénomènes moraux, juste des interprétaions morales. »

 

 


A rebours de cette chimère humaine obsessionnelle…Et si je décidais de ne donner aucun sens à ma vie…sans pour autant prôner le non-sens…non, à l’instar de la vie, dénuée de sens, choisir de n’en donner aucun à ma vie…mieux encore…ne pas choisir…me saisir de …

 

 


Un début de (…), conte pour enfant  ? : « Si nul ne sait pourquoi le monde est sans pourquoi (…) ».

 

 


L’amnésie collective où la réduction de la réalité à nos besoins, la réduction des objets à leur fonction.

 

 


Etre mise à mal par le bonheur…

 

 


Des œuvres marque-vie comme on dit marque-page.

 

 


« L’un des principaux paradoxes de notre condition : rien ne nous est plus obscur que ce qui nous est le plus intime. » Nicolas Grimaldi

 

 


« Pouvoir être à nous-mêmes l’objet de notre représentation est chose impossible. » NG

 

 


« Parce que le monde que je me représente cesse d’exister pour moi lorsque je cesse de le voir, ainsi que nous en faisons l’expérience dans le sommeil, dans un coma, ou lors d’une anesthésie, il est clair que je suis à la fois l’origine, le principe et le centre de ma représentation. » NG

 

 


« Tout le snobisme pourrait se trouver résumé dans cet exemple. Il consiste à se persuader qu’on est ce qu’on paraît, et que la seule condition pour le paraître est d’en avoir persuadé les autres. » NG

 

 


« Dissimuler ce que l’on est pour simuler ce qu’on n’est pas. »

 

 


La représentation m’assigne à un statut d’objet. D’un côté, je suis ce que je suis vu. Rien m’importe alors autant que de se faire voir. D’un autre, je me vois dans le regard des autres.

 


Persuader les autres que nous sommes effectivement ce que nous voudrions être.

 

 


La société est un théâtre où chacun n’existe que selon le rôle qu’il tient, et se trouve jugé d’après le spectacle qu’il donne à voir aux autres.

 

 


Tarde considérait que « l’imitation joue dans les sociétés un rôle analogue à celui de l’hérédité dans les organismes. »

 

 

 


Variante : autant dire que la loi qui gouverne les sociétés est celle de la représentation – je suis ce que je suis vu. Du même coup, chacun s’efforce de paraître ce qu’il voudrait être, en espérant persuader les autres qu’il est ce qui leur paraît.

 

 


Tarde :  « Se mettre à l’aise, dans une société, c’est se mettre au ton et à la mode de ce milieu, parler son jargon, copier ses gestes, c’est enfin s’abandonner sans résistance à ces multiples et subtils courants d’influences ambiantes contre lesquels on nageait en vain, et s’y abandonner si bien qu’on a perdu toute conscience de cet abandon. »

N’est-ce pas à penser l’imitation, en effet, comme la forme sociale de l’adaptation ?

 

 


Influencer son époque ou lui offrir un miroir où elle puisse se reconnaître…Et si le génie consistait, en lui dessillant les yeux à la faire réagir.

 

 


Quoi de plus servile, de plus bas, que de s’en remettre à l’autre pour déterminer ce que l’on voudrait être. En ne se croyant admirable qu’en s’imaginant admiré, ou enviable qu’en s’imaginant envié, ne fait-on pas en effet de ceux qui nous observent les seuls véritables arbitres de ce que nous sommes en réalité. N’existons-nous pas alors qu’à travers eux ?

 

 


Je ne puis réellement exister qu’en devenant pour un autre l’objet de sa représentation. Or cet objet plus ou moins consistant que nous ambitionnons de devenir pour les autres, n’est autre que l’image que nous voudrions leur donner de nous.

 


Serions-nous réduits à devoir paraître pour être ?

 


Faute de trouver en eux-mêmes suffisamment de consistance à leur propre existence, ils cherchent à s’en rassurer en obtenant des autres une attestation ou une garantie de ce qu’ils auront objectivement été. 

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