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PENSOIR DE POCHE 2010/1

Notes de lecture et notules d'une pensée à l'oeuvre.

 

  

 « Retrouvailles » avec JFP (Jean-François Peyret) : « Pourquoi est-ce si lourd d’être aussi vide ? »

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« - C’est l’invention de Dieu qui nous distingue le mieux des animaux. » JFP

 


« - La lourdeur du vide, un titre. » JFP

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« Commentaire, comme en terre. » JFP

« L’exercitation »

 


« Traumatisme de l’école – que l’on ne me classe pas ; être inclassable. » JFP

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« Je suis complètement décousu (…) plus aucune libido intellectuelle. » JFP

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« La première croyance : celle de ne croire en rien.

-         Est-ce que tu crois que tu ne crois en rien ? » JFP

 

« Le Moi est haïssable. Moi, ce qui m’intéresse en moi, c’est le soi. » JFP

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« La mort est dans mon crâne, inlassable. C’est ma locataire. Bien que ce soit moi sa propriété. Viager. Vie âgée. »JFP

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« L’art de ne croire en rien. » JFP

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« S’est-on mis à croire en Dieu à de défaut de pouvoir croire en soi, en l’homme ? » JFP

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« Avoir la modestie orgueilleuse, c’est mieux que l’orgueil modeste, non ? » JFP

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Ne plus questionner le réel, questionner la pensée le concevant.

Acte de concevoir – Voir avec la pensée.

Que voit-on du réel avec l’œil de la pensée ?

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La pensée s’adapte à la réalité en inventant.

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La propréité sans propriété de notre cerveau (ce cerveau est le mien sans que je puisse parvenir à en faire le tour. Cf Andrieu.

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Je ne m’intéresse pas aux productions littéraires mais à l’idée de la littérature.

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Plus qu’imaginative, ma pensée est abstractive. Je conçois ce que je ne peux imaginer.

Si je ne peux imaginer un univers infini, c’est-à-dire en produire une image, je peux à l’inverse, le concevoir, en former une idée.

Ma « lutte » se situe précisément ici. C’est le versant nécessaire à l’écriture que représente la sculpture.

Mettre en image ce que je conceptualise, en faire des objets.

Quand l’objet devient une mue de la pensée. Cf Penone

Je tends à réaliser la pensée, concrétiser son abstractivité ; produire une image de sa réalité.

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Culture : entreprise de domestication de la Nature et de notre propre nature.

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S’intéresser au Biomimétisme : reproduction des formes et mécanismes biologiques.


« Penser de manière « constellatoire » – en ordre dispersé et non pas systématique. » Paul Valéry

 

« Mon Esprit contient un Monde qui contient mon Corps qui contient mon Esprit. » Paul Valéry

 

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« L’esprit pour agir sur le corps, doit descendre de degré en degré vers la matière et se spatialiser. » Paul Valéry.

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L’expérience du réel est « l’agitateur » en tant qu’il interagit avec la pensée.

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Appréhender les racines biologiques de la connaissance.

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« La simplicité n’est que la simplicité d’un langage bien réglé, elle n’a aucune racine dans le réel. » Bachelard.

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De la différence entre l’orient et l’occident.

Occident : Maîtrise du dehors – le réel.

Orient : Maîtrise du dedans – le moi.

 

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« Seul un poisson mort va dans le sens du courant. » Proverbe chinois.

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La forme suspend le sens – lui dérobe son omnipotence.

L’informe comme degré le plus pur du réel, carrefour des métaphores.

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Fabriquer des concepts sensibles et des idées plastiques.

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Il est plus facile de sortir de l’univers que de sortir de l’homme.

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Le propre de la pensée est de se réfléchir elle-même.

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L’homme féconde, la femme est fécondée, jamais l’inverse.  Toutes les femelles ont le sens mythologique de « terrain » ou de « matière » voire d’« église ». Passive,  elle préexiste aux relations et aux fonctions de l’homme mais ne les détermine pas. Elle n’est que le révélateur des fonctions masculines, ce par quoi l’homme passe de la puissance à l’acte…

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Naître des morts. Héritage culturel.

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« Fermer les yeux pour voir. » Joyce

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Réflexion sur l’homme désespécé…

Résonance avec l’humain « anature par nature » Cf Prochiantz.

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« L’Europe, un musée de l’humanisme gardé par des fonctionnaires de l’universel. » JFP

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L’orgueil humain, c’est la foi en la raison.

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Sartre : « C’est que le silence, comme dit Heidegger, est le mode authentique de la parole. Seul se tait celui qui sait parler. »

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S’ingénier à faire penser les autres dans sa tête. Exploration de cerveaux.

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S’appliquer à soi-même la haine que je porte au personnage. Cette présomption d’être quelqu’un m’agace. Il ne faut pas se croire. » JFP

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Parler de l’impossibilité de parler. Superstition verbale. Peut-on écrire qu’il faut se taire ? Comment se servir des mots s’ils ne servent à rien ? Cf JFP

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Sur la culpabilité judéo-chrétienne : « notre péché originel est d’être innocent, de souffrir innocemment » JFP

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Endroit où notuler couramment nommé « Carnet », intitulé « Gardoir » par Montaigne.

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« L’art n’est plus affaire du peuple, pour la bonne raison qu’il n’y a plus de peuple, mais des sujets démocratiques affairés à jouir et se divertir (on a bien le droit !), de même qu’il n’y a plus de société. Il y a des identités, des associations, des groupes, des communautés, une calamité.

Sentiment d’avoir été englouti, en tout état de cause par le tsunami de la culture de masse mondialisée. »JFP

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Un germoir pour remplir ses cellules cérébrales au petit bonheur la chance.

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Le bonheur est subversif.

 

« La figure moderne du penseur remonte à une vieille tradition occidentale, celle d’une intelligentsia contemplative ou méditative. Au fond, nos prétendus penseurs ne sont que des moines qui se sont trompés de millénaire. » Sloterdijk

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«  " Penser ", dans un premier temps, n’est pas une prestation positive, mais sloterdijkla conséquence d’un dysfonctionnement de l’idiotie primaire. Ses prémisses se situent dans l’effondrement des mécanismes internes de répétition, provoqué par la surprise, désarroi, la lassitude ou l’indignation, etc. Par conséquent, la pensée relève plutôt de l’accès de faiblesse, à commencer par l’impossibilité de se défendre contre les faits et l’intelligence de certaines personnes.

Dans une phase plus développée, la pensée devient une sorte de dépendance, elle court alors après la pensée des autres et n’en récupère jamais assez à son goût.

Plus tard encore, elle prend en quelque sorte son indépendance et développe un style du superflu à son propre compte. La trace de cette prise d’autonomie est en règle générale perçue comme la naissance d’un nouvel auteur. » Sloterdijk

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Le « pensoir intérieur » que Montaigne décrit comme une « arrière-boutique », un espace intime et privé, où il n’y a place pour rien ni personne, que soi.

« Il faut se réserver, dit-il, une « arrière-boutique », toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissons notre vraie liberté et principale retraite et solitude. En celle-ci faut-il prendre votre ordinaire entretien de nous à nous-mêmes ; discourir et y rire comme sans femme, sans enfants et sans biens, sans train et sans valet, afin que quand l’occasion adviendra de leur perte, il ne nous soit pas nouveau de nous en passer. » Montaigne

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Montaigne encore : « Pourquoi prenons-nous titre d’être, de cet instant qui n’est qu’un éclair dans le cours infini d’une nuit éternelle, et une interruption si brève de notre perpétuelle et naturelle condition ? »

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Il n’y a pas de beauté isolée du regard.

La beauté maquille le regard.

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Que dissimule le concept de « hasard » ? Est-il la marque de l’impuissance de la pensée à comprendre, sa limite ? Ou est-ce l’accidentel, l’aléatoire que nous ne pouvons concevoir ? A quoi s’oppose-t-il ? A la « nécessité » comme l’évoque l’essai de Monod ?

Or, en quoi la nécessité ne pourrait-elle pas s’enraciner dans l’accidentel ?

Objection de la raison pour cause de non-adéquation avec la nécessité humaine « trop humaine », de voir en l’organisation de la vie un projet global. Pourtant, rien ne contraint la diversité du vivant à se confondre dans l’unité terminologique qu’est la  « vie »  dans laquelle on l’enferme.

N’est-ce pas plutôt la diversité du vivant qui façonne et organise la vie ?

Comment appréhender alors cet «élan vital » ou énergie insufflée ?

Comment le caractériser sans sombrer dans les méandres d’une religiosité cosmique ?

L’apoptose ou mort programmée des cellules que l’on traduit par le suicide comme cas de pensée.

La  « conscience » de la vie au cœur de la cellule ? Comment s’exprime le « programme » ? La nécessité semble ici annuler le hasard, l’accidentel, en ce sens qu’elle s’impose comme ultime solution.

Qu’est-ce qui pousse le spermatozoïde à se lover à l’ovule ?

Comment la chimie peut-elle s’autosuffire de la sorte ?

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Voltaire : « Il serait bien plus important de découvrir un remède à nos maux, mais il n’y en a point, et nous sommes réduits à rechercher tristement leur origine. »

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Morphogenèse : La forme en tant qu’elle se déploie et vit. Processus biologique par lequel un être vivant modèle sa forme, acquiert ses caractéristiques par des mouvements cellulaires, des multiplications cellulaires différentielles et complexes. (Les premiers à avoir travaillé dans ce domaine sont Goethe, D’Arcy Thompson et Turing –  D’Arcy Thompson pour qui la biologie est une sorte de mécanique, pense en une idée de formation bio-physique d’une géométrie du vivant, que la nature s’accroît et se déforme sur la base d’un modèle précis, résultant de principes physiques d’auto-organisation. Il conçoit le développement d’une forme comme événement dans l’espace-temps et non seulement configuration dans l’espace. Il affirme que cet événement est régi par un petit nombre de lois mathématico-géométriques et mécaniques commandant les formes. Un organisme doit être représenté comme une fonction au sens mathématique, des parties qui le composent, fonction reliée à l’organisation spatiale et temporelle des parties, avec la manière précise dont elles interagissent.

Morphogenèse de la pensée.

 

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« La création artistique n’a rien à voir avec la simple élaboration manuelle d’une œuvre mais elle est le travail  d’un esprit réflexif qui se produit en même temps qu’il se représente, sous forme d’une machine « probabiliste » en trois, quatre, voire n dimensions) distribuant (par le fait du hasard) espaces et visuel. » Lestocart

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« Les transformations des "pensées", la signification en train de se faire paraissent plus importantes que toute conception ou signification "structurée". De la notion de représentation, on en vient par réflexivité, à la notion de représentation de la représentation ou plus exactement, de" construction" que nous l’appelions tableau, œuvre ou concept, cette chose-entité est sans cesse prise dans un flux. Elle est un spécimen dynamicum, comme dit Leibniz : une œuvre-système. » Lestocart

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Proust écrit qu’on ne peut trouver la lucidité qu’avec des idées au départ elles-mêmes confuses. Et Valéry de renchérir "penser consiste, presque tout le temps que nous y donnons, à errer parmi les motifs dont nous savons, avant tout, que nous les connaissons plus ou moins bien". 

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L’écriture est forme de la pensée à laquelle la sculpture donne matière.


« Un système cognitif se présente comme un ensemble d’éléments de connaissances (voire de croyances) ou de variables en interaction dynamique, organisées en fonction d’un but appartenant en propre au domaine humain, au corps et à l’environnement social tout en tenant compte des systèmes cognitifs d’autrui plus généralement un système se définira comme phénomène perçu ou conçu par l’esprit d’un observateur-concepteur. » Lestocart

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Monsieur Teste «- Trouver n’est rien. Le difficile est de s’ajouter à ce que l’on trouve. »Paul Valéry

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"La voix "de Valéry : « Un jeu dynamique de résonnances, véritable morphogenèse qui retrace un processus de transformation de Soi par le monde (soit l’environnement physique ou social), via la méditation créative et sa transcription par l’écriture. La voix dans l’écriture et la pensée devient une sorte "d’interface entre l’environnement et la réponse particulière et spécifique de la sensibilité à l’environnement." » Lestocart

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A propos de Marvin Minsky : « On ne peut cependant pas parler des cerveaux comme s’ils fabriquaient des pensées de la même façon que des usines produisent des voitures. La différence, c’est que le cerveau utilise ds processus qui se modifient eux-mêmes, ce qui signifie que l’on ne peut séparer ces processus des produits qu’ils engendrent. Le cerveau produit notamment les souvenirs qui changent nos façons de penser ultérieures. La principale activité du cerveau consiste à produire des changements en lui-même (…) Minsky exprime aussi l’idée que le cerveau est organisé comme une société dans laquelle les différents agents ( la mémoire, le savoir, les sens, etc.) communiquent entre eux et construisent ainsi leur développement.

A la lumière de ces réflexions, on peut donc envisager que l’activité principale du cerveau consiste à effectuer en permanence des modifications de soi et non à représenter le monde extérieur. Dans cette approche, réside une genèse de l’espace qui correspond à une vocation processive de l’esprit. Il s’agit de remonter à la formation du signifié avant que celui-ci ne soit défini et de ne plus voir la connaissance comme la recherche de la représentation iconique d’une réalité ontologique.» Lestocart

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«Le Corps/Esprit/Monde de Valéry est une sorte d’artefact conceptuel, une machine cérébrale, "machine universelle", machine de découverte, système auto organisé par l’organisme, via le cerveau, qui apprend à ne plus opposer les principes instaurant l’art, la science et la connaissance. Comme le dit l’épistémologue Ernst Von Glaserfeld, "La connaissance devient alors quelque chose que l’organisme construit par le biais du cerveau en fabriquant des intervalles et des nombres, dans le but de créer un ordre dans le flux de l’expérience – en tant que tel, informe – en établissant des expériences renouvelables, ainsi que des relations relativement fiables entre elles" ; donc de discerner. »

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« (…) le monde extérieur étant le nécessaire " interrupteur ", "l’agitateur" en tant qu’il interagit avec la pensée. Le couplage structurel de "nos choix et de ce que nous retenons de nos choix" (Valéry) fait émerger un (le) monde. Un monde de significations pré-linguistiques, qui évolue en permanence et qui en forme un nouveau (c’est l’histoire de l’évolution) au fur et à mesure de notre action. »Lestocart

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Jet de la mémoire, rejet – soutenance de Master 2. JFP et son acolyte à propos de mon "essai " :

« - C’est une œuvre de folie ou de génie. » à quoi je réplique qu’au regard de la normalité, le génie ne peut apparaître que sous les traits de la folie… Evaporation de la réminiscence ou de la divagation.

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La réflexion consiste précisément pour la pensée à se réfléchir.

Pour rendre intelligible l’activité cérébrale, il faut se saisir de sa réflexivité. Point de départ de toutes les spéculations.

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« A partir du moment où une œuvre d’art ne vise pas un ordre représentatif ayant pour fin d’apporter des informations pittoresques et décoratives sur un état de choses, selon l’ordre institué des noms, situation que chacun devrait reconnaître spontanément, parce qu’il y aurait déjà été introduit et confronte par sa culture rationnelle et par l’expérience de sa vie, l’épreuve de l’obscur, donc de ce qui est difficile à voir et à maîtriser ne peut être éludée. Car il ne s’agit aucunement d’un déficit de clarté dans l’expression de l’artiste ou du philosophe, qui s’interroge sur son sens et sur son mode d’être, mais du cheminement d’une pensée qui suit d’autres voies que celles commandées par la logique d’un ordre déjà institué, où chaque chose serait censée correspondre à une définition fixe, identique et claire pour chacun. Si ceux-ci ne cherchent que des informations rapides et pittoresques sur un état des choses qu’ils estiment connaître déjà, comme tout un chacun, et qu’ils veulent simplement voir « représenter de manière décorative sans que le pittoresque ne mette en péril l’idée préalable qu’ils se font de ce qu’ils vont voir. » Gallieni

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« Quand l’apparence atteint le sans-fond, « l’abstraction de l’être », elle est perdue, confondue, égarée, déplacée. Sculpture vivante d’une fiction régulatrice, surréelle, généralisée. » Gallieni

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« Le problème du spectateur comme celui du lecteur est leur souci de reconnaître ce qu’ils croient savoir, pire dont ils estiment partager l’évidence avec ce qu’ils qualifient désormais de " tout esprit normalement constitué". » Gallieni

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De sa fusion, l’abstractivité de pensée est l’indivisible ressortissante qui spatialise le réel dans sa réalité.


Animal anature par culture. Processus adaptatif.

Volonté écologiste de se greffer à la nature que nous avons quittée.

Nous sommes-nous vraiment rendus "anatures"  par culture ?  La nécessité pour l’ensemble du vivant est de s’adapter, s’ajouter, refaire nature. Superposition.

 Si nous sommes en proie à la "nécessité" adaptative, ne serions-nous pas, finalement, anatures par nature ?

A l’inverse, pouvons-nous concevoir que la nature soit différente de nous, et par là même contraire à l’idée unitaire que nous en avons ?

Le fixisme des espèces répondait déjà à cette même volonté d’homogénéiser la nature, la clôturer dans une allégorie enchanteresse. Or  c’est précisément notre concept de « nature » qu’il nous faudrait revisiter. Car le vivant est en métamorphose perpétuelle.

En ce sens, est-il légitime, « réaliste », de vouloir ainsi conférer à la « nature » une identité, stationnaire et invariable ?

La nature est peut-être cet non-identifiable auquel il nous fallait nous identifier pour y exister ?

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« Qu’advient-il de nous quand nous nous penchons hors de nous-mêmes, dans le monde, au point de nous ressaisir sur ce qui nous excède et de nous retrouver, enlacés avec les choses ? » Tzara

Penser la pensée comme l’impensé de notre élaboration culturelle.

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Une des principales activités humaines est de donner un sens à l’expérience.

Par l’élaboration de représentations individuelles et collectives, et par celle d’un système de signes qui rend possible la communication, en situant les différents signifiants les uns par rapport aux autres.

La capacité de faire sens ne dépend pas essentiellement de la fidélité d’une représentation à la réalité représentée, mais bien de sa cohérence par rapport à l’ensemble du système des représentations.

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Le narcissisme comme manifeste identitaire.

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A propos de l’émergence des comportements humains : « L’humanité ne descend pas sur l’animalité comme l’esprit sur la matière, c’est comme corps que l’humanité émerge, et cela requiert de comprendre la nature et les comportements animaux. » Merleau-Ponty

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« Il appartient à la science de rendre compte du monde extérieur ; en expérimentant, plutôt qu’en observant, ce qui est insérer le savoir dans le faire, le monde perçu dans le monde construit.

Et la tâche de la philosophie serait alors, comme l’écrit le philosophe Stanley Cavell, d’"attester l’être humain", c’est-à-dire attester la capacité de l’homme à être par lui-même, attester son autonomie. Celle-ci s’entend d’abord au niveau moral ou politique, comme capacité de l’humanité à se donner des lois, et non à les recevoir d’une autorité (nature ou Dieu) transcendante. Mais il y a aussi un niveau proprement technique de l’idée moderne d’autonomie, idée développée par l’utopie technicienne : l’homme créateur de son propre monde, la technique comme l’extériorisation de l’humain, le monde technique se déchiffrant comme monde humain, racontant l’homme à l’homme. » Catherine Larrère 

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Représenter la pensée à elle-même.

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L’idéologie de l’amour dont l’orgueil est la seule vraie figure.

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L’adaptation se fait référence de notre intelligence car elle est notre mode d’être –  fonctionnement/fonction (ce qui ne sait faire qu’une seule chose).

Ce ne sont pas nos sens qui nous trompent mais la vitesse de nos inductions.

De la même manière, ce n’est pas le réel qui nous illusionne mais bel et bien l’intellection avec laquelle nous l’appréhendons.

Le réel est notre apparence.

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« Soit nous décidons d’être spécialiste, une situation tout-à-fait confortable intellectuellement puisqu’il nous suffit d’accumuler de plus en plus d’informations sur un point de plus en plus précis : on finit alors, comme le dit le dogme, par tout savoir sur rien.

Soit nous décidons d’être généraliste, c’est-à-dire mettre notre nez un peu à chaque fois dans la physique, la chimie, la biologie, la médecine légale, la psychologie : on finit alors par n’être spécialiste de rien, mais on a la meilleure opinion sur la personne qui vous fait face et qu’on appelle l’homme. » Cyrulnik

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« A quoi ça sert biologiquement de mourir ? » Cf. Morin

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« (…) Bien entendu, on finit par croire que les frontières artificielles entre disciplines sont les frontières qui correspondent à la réalité, ceci est une première illusion. Mais c’est toute la réussite de la science. On a même oublié que l’expérimentation consistait à prendre un corps hors de son milieu naturel et à le faire travailler, l’influencer dans un milieu artificiel. » Morin

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« Dès le XXème siècle, deux types de pensée se posaient. Celui de Descartes (qui a triomphé) disait : "Quand je vois un problème très compliqué, je divise ses difficultés en petites parties et une fois que je les ai toutes résolues, j’ai résolu le tout." Celui de Pascal disait : " Je ne peux pas comprendre le tout si je ne connais pas les parties et je ne peux pas comprendre les parties si je ne comprends pas le tout.", invitant à une pensée en navette. Pascal n’a malheureusement pas été entendu, ni même compris. La pensée complexe essaie en effet de voir ce qui lie les choses les unes aux autres, et non seulement la présence des parties dans le tout, mais aussi la présence du tout dans les parties. » Morin

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« Eco-organisation, c’est que tout être vivant et notamment humain, possède à l’intérieur de lui-même l’organisation de son milieu. Nous parlons parce que nous avons à l’intérieur de nous la culture, le langage, les connaissances de notre société. Du fait même que nous mangeons des aliments, nous avons aussi de l’énergie extérieure et l’organisation se trouvant dans ces aliments… Autrement dit, le monde extérieur est à l’intérieur de nous dans un dialogue permanent. Penser en terme contextuel nous fera certainement faire des progrès décisifs et pas seulement cognitifs. » Morin

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«  On pourrait effectivement proposer l’idée qu’une logique isolée n’est pas logique. Mais Descartes, puisque nous parlons ici de lui, nous a fait un coup bénéfique, car en coupant l’homme et l’animal, le corps et l’âme, il a pu constituer un objet de science. Si on pense qu’un arbre est le lieu de nos ancêtres, il devient une personne et l’on ne songe pas à le fendre pour observer les tubulures, la montée de la sève, car il serait appauvri par la coupure. » Cyrulnik

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L’homme est le « seul cerveau parmi les êtres vivants à pouvoir totalement décontextualiser une information. » Cyrulnik

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« (…) il ne suffit pas de juxtaposer les apports du sociologue, du psychologue, du biologiste, il faut raccorder. Je crois vraiment qu’on est victime d’un mode de pensée alternatif. Ou l’homme est naturel et on le réduit à la nature, au comportement des chimpanzés, à la sociobiologie ou aux gènes ; ou l’homme est surnaturel est son corps n’est alors qu’un vague support, tandis que le reste prend le nom d’esprit, de psychisme et de culture… » Morin

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« Que se passe-t-il alors ? Et bien la culture, qui ne se trouve pas héréditairement intégrée, émerge et se transmet par apprentissage. Non seulement la culture naît au cours d’un processus naturel, mais elle s’autonomise relativement, et permet aussi le développement de l’humanité. » Morin

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« Le cerveau est vu sous l’angle biologique et l’esprit  sous l’angle culturel – d’ailleurs, on traite le cerveau dans les départements de psychologie. Or, cerveau et esprit sont absolument indissociables. (…) pour que l’esprit émerge du cerveau, il faut non seulement que ce cerveau fonctionne, mais aussi que le fonctionnement de ce cerveau soit stimulé par l’environnement maternel, le langage que l’on apprend, la culture. Autrement dit, l’esprit n’est possible que s’il y a culture et cerveau. Un être qui n’a pas connu la culture n’est plus qu’un primate du plus bas rang, il ne peut pas développer ses facultés intellectuelles. » Morin

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« A mon avis, la principale caractéristique de l’homme dans le vivant est la néotonie, une lenteur extrême dans le développement. En clair, l’homme peut devenir adulte et se reproduire alors que son cerveau est encore à l’état fœtal.  On voit cela dans les maladies d’Alzheimer ; dans le cerveau qui fond, cesse de fonctionner ou disparaît, d’autres cellules continuent à bourgeonner… » Cyrulnik

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« En somme, comme l’affirme Cioran, le drame n’est pas tellement de mourir, mais d’être né, puisque la mort commence à la naissance. Mais dans le monde vivant, l’avantage de la néotonie est que l’homme peut biologiquement continuer à façonner son cerveau, sous l’effet des pressions de l’environnement. Cela est-il génétique ou environnemental ? » Cyrulnik

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« Dans un contexte de mammifère, le premier gradient de degré de liberté, c’est la graisse. Ainsi, dès l’instant où un être vivant peut stocker dans son propre corps l’énergie qui va lui permettre de se déplacer, il échappe à l’immédiateté des stimulations du contexte : il a un premier degré de liberté biologique. Le deuxième degré de liberté biologique est l’homéothermie, c’est-à-dire que la température interne reste stable quand la température du monde extérieur varie. A ce moment, l’animal ou l’être vivant possède un moyen de rester lui-même et d’échapper encore plus aux variations de température. Le troisième degré de liberté biologique dont vous avez parlé, c’est le rêve, le sommeil paradoxal, "le récipient biologique à rêves" – puisqu’on ne sait pas encore ce que les événements vont mettre dans le rêve. »Cyrulnik

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« En effet, dès l’instant où l’on devient capable d’habiter le monde virtuel – qu’on invente avec nos récits – on peut très bien se haïr et désirer logiquement se tuer, pour l’idée qu’on se fait de l’autre et non pour la connaissance que l’on en a. A cet instant, on échappe aux mécanismes régulateurs de la nature et l’on devient complètement soumis au monde qu’on créé. » Cyrulnik

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« Et l’on va découper dans le réel ce que la pensée avait déjà au préalable l’intention de trouver. La pensée est donc une organisatrice de la perception du réel. » Cyrulnik

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« Si un être vivant, une plante, un animal ou un homme est trop spécialisé, il fait des performances de plus en plus grandes et devient de plus en plus vulnérable, puisque la moindre variation condamne l’espèce à mort. » Cyrulnik

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« Si on prend ce concept sur un plan biologique et qu’on en effet un objet de laboratoire, on se rend compte que l’être vivant organisé s’use et arrive progressivement à la mort, à la fin de l’individu –au sens biologique du terme. Si on quitte le laboratoire et que l’on replace cette aventure dans le vivant, on voit que l’individu peut mourir, mais pas la vie. La vie, elle, ne cesse de se transmettre. » Cyrulnik

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« En fait, je pense qu’on devrait vivre avec des théories et non pas des doctrines, c’est-à-dire des idées auxquelles nous croyons mais dont nous n’avons pas la certitude absolue. » Morin

 

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« Reprenant ce que vous avez dit sur le monde de la certitude et de l’incertitude, il me semble que lorsque la théorie devient trop cohérente, elle perd sa fonction de pensée ; elle sert à unir, certes, mais non à penser. » Cyrulnik

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« Aujourd’hui, nous devons savoir qu’il est rationnel de connaître les limites de la raison. » Morin

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« Souvenons-nous des discussions suscitées par la théorie de Mac Lean sur les trois cerveaux –Ce qu’il a appelé le cerveau triunique de l’être humain. Celui-ci porte en lui le cerveau reptilien (siègede l’agression), le cerveau des anciens  mammifères (siège de l’intelligence et de l’affectivité), enfin le néo-cortex cérébral (siège des opérations logiques dites rationnelles). » Morin

 

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L’introspection : « Lire Montaigne, c’est pratiquer une hygiène de l’esprit, c’est s’auto-observer, réfléchir sur le rôle de la civilisation, créer des barrières qui empêchent le déchaînement. » Morin

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« Et ce qui caractérise à la fois la merveille et la tragédie humaine, c’est que l’homme appartient peut-être à la seule espèce capable de transgresser des lois naturelles. » Cyrulnik

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« Pendant très longtemps, on a cru que le temps était une notion philosophique or on découvre maintenant que ce peut être aussi un concept biologique. Les neuro-biologiques nous apprennent que lorsqu’il y a une section du lobe frontal ou une altération des tubercules mamillaires, les sujets ne perçoivent que le présent, ils vivent dans des successions de présents. (…)

Mais l’effet maléfique, c’est qu’on ne peut plus donner du sens, on a oublié d’où l’on vient et l’on ne cherche pas savoir où l’on va. Cela donne des scenarii comportementaux tout à fait étranges. » Cyrulnik

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« Il faut adopter cette notion du dépassement de Hegel qui dit que ce qui est dépassé doit être conservé. Dépasser n’est pas oublier, n’est pas détruire. C’est intégrer. » Morin

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« Il ne faut pas oublier que nous portons en nous les premières cellules qui sont apparues sur la terre, car c’est du produit de leur multiplication que sont issus tous les êtres vivants, dont nous-mêmes. » Morin

 

« On a compris que notre pensée doit fonctionner en faisant un jeu entre l’ordre et le désordre. Le désordre pur, c’est la dissolution générale, l’ordre pur, c’est la congélation générale… »Morin

 

 « Je pense que tout commence toujours par une déviation. » Morin

 

« On est tous fondus ensemble, comme disait Darwin,  seuls nos mots découpent des morceaux de réel, ce qui est irréel. » Cyrulnik

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« Si nous parlons de l’intelligence humaine, nous avons besoin de la référer à ce qui était l’intelligence animale, pas seulement pour voir la continuité, le développement, mais aussi le saut qu’apporte évidemment le langage ou la conscience humaine. » Morin

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« Mais il ne faut pas oublier que la démocratie est, en profondeur, l’organisation de la diversité. Une démocratie suppose et nécessite des points de vue différents, des idées qui s’affrontent. Ce n’est pas seulement la diversité, c’est la conflictualité. Mais la grande différence avec les conflits physiques – qui se terminent par des destructions et des morts – c’est que la démocratie est un mode de régulation du conflit à travers des joutes oratoires, parlementaires ou autres, avec un certain nombre de règles auxquelles elle doit obéïr. » Morin

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