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PENSOIR DE POCHE IV. 2011/2

Notes de travail et notules de lecture d’une pensée à l’œuvre.

 

Puisque chaque pensée pourrait faire l’objet d’un livre, faire un livre-objet les contenant toutes…  

 

 

Klee : « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. »

 


Un artiste est une anomalie, une mutation, voire une pathologie.

 

 

 

Nous ne vivons pas dans une société individualiste. C’est une chimère capitaliste, un argument productiviste. A l’inverse, tout tend à nous rendre semblables les uns aux autres (religiosité du néo-dieu « Argent », faisant de nous de fidèles consommateurs).  Dès lors, les singularités s’épuisent, vacillent, s’annihilent.

 

 


L’addiction ne dépend pas de l’objet mais bel et bien de la relation.

 

 

Sevrage : Parvenir à aimer le manque ?

 

A propos du « pouvoir » de concevoir inhérent à la pensée. L’art s’est fait le pouvoir de reproduire le réel, non de le copier mais d’imiter le geste créateur pour, à son tour, fabriquer de la réalité.

 

L’une des grandes « missions » de l’artiste aujourd’hui, c’est de détecter quels sont les trous noirs de la représentation et de les mettre au jour.

 

Koolhaas : « Dieu est mort, l’auteur est mort, l’histoire est morte, seul l’architecte reste debout comme une farce ridicule de l’évolution. »

 

 

Proposer une pensée sur la pensée.

 


Comment l’inventivité humaine (en l’occurrence la mienne), se greffe-t-elle à la vie polymorphe, protéiforme  et cependant, dépourvue d’intention ?

 

 

L’horloge. Détourner l’objet. En faire une œuvre autour de la relativité générale. Comment la lumière (vitesse) annihile le temps, en fait ne abstraction, contingente, aléatoire, oscillante. Le temps ne bat pas la mesure.

 


Projet de thèse : Réflexivité en préambule. Nécessité de faire retour sur soi. Il y a une chose que la pensée s’entête à ne pas faire…

 

Sloterdijk : « Même si nous devions rejeter le communautarisme naïf, l’homogénéisation des cultures, tout comme ce multiculturalisme qui est devenu l’idéologie du nouvel esprit du capitalisme, nous devons faire dialoguer les civilisations et les individus singuliers. Alors que la promiscuité est devenue totale, c’est une nécessité vitale, un point crucial. »

 

 


Je ne vieillis pas, je grandis.

 

 

De la différence entre philosophie institutionnelle et philosophie marginale. La philosophie dominante dans l’édition, l’université, les programmes, l’institution, pense qu’il existe des problèmes par nature philosophiques (le temps, la raison, la vérité, la conscience, etc.), alors que la philosophie marginale affirme le contraire ; il n’y a pas des sujets proprement philosophiques mais des traitements philosophiques de tous les sujets possibles.

 

Pour œuvre en cours. Le temps est l’invention de l’horlogerie.

 

Henri Atlan : « La science crée les problèmes mais ne fournit pas les solutions ».

« (…) il est beaucoup plus facile de se mettre d’accord sur la décision à prendre que sur les raisons pour lesquelles on arrive à cette conclusion. »

Pour sortir de cette opposition simpliste entre la nature soi-disant bonne et la technique soi-disant aliénante, il faut considérer la nature dépourvue d’intention contrairement à la technique que caractérise l’intentionnalité. Dans ce sens, la nature ne peut être ni bonne ni mauvaise en soi, seul l’usage qu’on en fait, soit la technique, peut se révéler bon ou mauvais. C’est-à-dire que la nature devient telle ou telle selon son prolongement ou substitution technique. En d’autres termes, seule la technique donne son sens à la nature.

 

 

Se laisser gagner par ce que Nietzsche appelle les « illusions vitales ».

 


A propos de la nécessité pour la pensée de faire retour sur elle-même. Point de départ : philosophie qui n’analyse pas le processus même de la pensée à l’œuvre. La science non plus ne considère pas sa propre causalité. Tel est selon moi le problème inhérent à tous les champs d’investigation de la pensée : l’absence de réflexivité propre à chacun de ces champs théoriques et pratiques de la connaissance, elle-même produite par la pensée. Devenir objet d’étude. Investigateur de sa propre investigation.

 

Comment ma marginalité même au sein de ma culture témoigne de cette culture.

 

Le pire consiste à soustraire l’homme réfléchissant/ pensant, de la pensée. Comme si l’homme pouvait s’abstraire de sa pensée !

L’occultation de notre pensée  est le comble de la pensée. Inversement, la recherche de la réflexivité comporte, non l’annulation, mais le plein emploi de la pensée.

 

 

Expérience de pensée automatique : Voir aussitôt l’après-midi avec un certain confort de pensée pour le reste.

 


Potentiellement ou virtuellement, je peux croire en tout. La première question consistant toujours à se demander dans quelle proportion humaine se situe l’invention en question.

 


Sculpter des idées. L’image ne se fabrique ni ne se corrompt sans imagination, c’est-à-dire sans pensée.  La perception isolée n’existe pas. Derrière chacune de nos perceptions se cache l’intellection (dont l’opération consiste peut-être à relier les sens entre eux.).

 

 

Question de LA représentation. La représentation est notre expérience du/au monde. Ce pourquoi la tentative esquissée par l’art consiste à en sortir. Remplacer le réel par son invention. 

 


Inventer encore et encore. Jusqu’aux processus même, expérimenter sur cette propension à l’invention.

 

Inventer des processus ? Les éprouver, les matérialiser.


Le drame ou comédie, est que les idées fausses sont en même temps des idées réelles, qui disposent d’une réalité intellectuelle.

 


Notre pathologie, aujourd’hui, est d’avoir dissocié le sujet pensant de l’objet de pensée.

 

 

Cerveau – espace autogène.

 


Remplacer Dieu par le hasard équivaut au même. Cela revient à se placer en-deçà d’une unité, d’un tout ou intelligence  supérieure phénoménalisée et non plus divinisée (entendons humanisée idéalement).

En d’autres termes, le hasard se substituant à un Dieu  créateur, à l’instar d’un chaos s’opposant à un cosmos, ne rompt en rien avec la première conception. Le hasard entendu comme virtualité ne doit pas se concevoir dans l’unicité. C’est le processus de notre intelligence ou de notre pensée qui rassemble, réunit, assemble, associe, etc. Le hasard n’est ni Un, ni Tout. Il n’existe pas comme tel, si ce n’est dans la réalité de notre esprit – comme concept. Car rien ne contraint la diversité des phénomènes à former un Tout cohérent. Il faut inverser les rôles. La vie ne façonne pas le vivant, elle se fait façonner par le vivant. Ni la vie (ou le hasard, son principe constitutif) n’existe indépendamment de la diversité du vivant…

 

 

La locomotion produit de la distance et du paysage.

 

 

Retrouver ce qui, dans l’amour, est primitivement instinct (déterrer la nécessité à l’origine de la croyance religieuse).

 

La famille ? Ce ne sont pas des gens mais des représentants.

 


L’œil ne se fait pas sentir dans la vision, les choses ne parlent pas de l’œil. De la même manière, le ce à quoi on pense fait oublier la pensée. (Faire des œuvres qui montrent la pensée en donnant à penser…)

 

 

Serres : « Le cadavre fut pour les hommes le premier objet ».

 

 

 


La séparation entre l’homme et la nature est artificielle ; un produit humain. Pour comprendre la séparation, il nous faut remonter aux motifs de l’artifice.

 

 

Développer l’idée des superstitions mathématiques. 

 


Rousseau : « L’homme qui médite est un animal dépravé. »

 

Contrairement à l’animal humain, l’animal tout court ne pense pas à cela, il pense juste cela.

 

Cassirer : « Pour représenter une chose, il ne suffit pas de savoir la manipuler comme il faut pour en faire un usage pratique. Il faut avoir une conception générale de l’objet et le considérer sous des angles différents afin de découvrir les relations qu’il entretient avec d’autres objets. Il faut se situer, déterminer sa position dans un système général. ».

 

Kant : « Les concepts sans intuitions sont vides, les intuitions sans concepts sont aveugles. »

 

S’amuser autour du propre de l’homme. Le questionner, le représenter. S’agit-il du rire ? Du pantalon ? De l’amour ? Du savon ? Etc. Faire une œuvre avec cela.

  


Gramsci : « On ne peut pas détourner un avions sans monter dedans, il faut changer les choses de l’intérieur. »

 

 

Ne pas prendre les gens pour des cons mais jamais oublier qu’ils le sont.

 

 

Se prosterner devant nos propres inventions en oubliant qu’elles le sont est l’Enfer que nous vivons.

 

Dans l’appréhension/intellection des hommes, aujourd’hui, ce n’est plus l’art qui copie la vie, c’est la vie qui copie l’art.

 

A la question ontologique du « Pourquoi vivre ? », les individus reproduisent le problème  en se reproduisant…

 


Les gens redoutent tellement d’altérer leur image au regard des autres, qu’ils en deviennent transparents.

 

La mondialisation ne s’intéressant plus aux hommes, il nous faut devenir des produits pour que la société s’intéresse à nous. Epitaphe ? Une œuvre ?

 

 

Bergson  a défini le rire comme « du mécanisme plaqué sur du vivant ». Les larmes seraient donc l’inverse : du vivant plaqué sur du mécanique ?

 


On ne détruit pas les choses parce qu’on ne peut pas les avoir mais pour ne pas les vouloir.

 

 

PENSOIR DE POCHE IV 2011/2 ©Virginie BOUTIN


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