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PENSOIR DE POCHE IV

 

 

 

Notes de travail et notules de lecture d'une pensée à l'oeuvre.

 

Puisque chaque pensée pourrait faire l’objet d’un livre, faire un livre-objet les contenant toutes…  

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Extinction : Sentiment provoqué par l’absence des autres à son endroit.

Non-réciprocité ; vacuité du dire comme du faire.

 

 

 

 

Perspectives : Lignes de fuite où l’on se perd à se chercher.

Horizon : Regard qui éprouve ses limites en rêvant d’impossibles.

Sujet : Prétexte (pré-texte) à la divagation.

Faire une toile de ça (m’entoiler).

 

 

L’inconscient n’est autre que le jeu de notre activité cérébrale qui s’exerce en se jouant de nous.

Théoriquement, la démocratie est la séparation des pouvoirs, voire la limitation même du pouvoir d’un homme…

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A la différence de l’athée, l’agnostique est celui qui est dans le doute ; dans la question et qui aimerait croire.

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Une scène de théâtre est une boîte crânienne.

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Processus de création – la pensée en train de se faire, l’objet en train de se faire. Concomitance. Cette interaction là.

L’adéquation entre le penser et le faire, l’abstractivité et la matérialité.

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« Le seul événement que chacun est à même de prévoir avec certitude c’est sa propre mort. Mais si l’idée en est à peu près supportable, c’est que sauf exception, l’heure en reste complètement imprévisible. L’imprévisibilité, ici, remplace l’immortalité. » François Jacob.

Il y a quelque chose que la philosophie persiste à ne pas faire. La philosophie a pu décrire et commenter la « pensée » mais ce n’est pas elle qui analyse le processus de la pensée ou réflexivité.  

 

Je recherche un art de penser qui permettrait d’éprouver comment se forment les représentations, les idées.

 

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Les idées sont elles-mêmes des passions.

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Je privilégie par goût des métamorphoses, sublimations, transmutations (ou mutations), les matériaux aux propriétés réversibles.

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Le suicide est le meurtre subliminal de l’autre.

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La psychanalyse ? L’industrie du péché où le sujet excelle dans l’art de se confesser.

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A propos de la propension de mes congénères à avoir à défaut d’être. Œillade sur l’économie comme ultime prothèse. Vouloir ce qu’on n’a pas à défaut de vouloir singulariser ce qu’on a.  

Je ne cherche pas à avoir plus mais à être plus.

Que traduit cet appétit ou appétence ? Cela n’équivaut-il pas au même finalement ? A l’absence…

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Ne serait-ce pas mieux de courir après ce que les autres recherchent éperdument plutôt que de ne rechercher ce qui ne m’appartient qu’en propre et qui, comme tel, ne peut appartenir à aucun autre – ce qui n’est pas « propriétisable » ?

N’est-ce pas courir à sa propre perte ? Suicider le commun en soi.

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Il y a art dès que la pensée se réfléchit. Mon travail tend à le représenter (peut-être en inventant un art de penser.)

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Eprouver la complexité de la pensée, ce qui, à proprement parler est tissé ensemble, ses connexions, associations d’idées et d’images que façonne son mouvement. L’adéquation entre le penser et le faire que l’on nomme « conscience ». Le moment où le reste du corps (la main en l’occurrence) exécute s’exécute. Passer de la conceptualisation de l’image/idée à sa réalisation, son devenir réel.

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La réinstallation de l’ensemble de notre connaissance et de notre rapport au monde sur le terrain du sensible ne supprime en rien la pertinence de la notion de concept. Au contraire, elle l’illustre et comme telle le redouble. Notre sensibilité est intellectuelle, conceptuelle.

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Cf. Hubert Dreyfus sur la capacité que nous avons de nous « débrouiller » avec le monde, comme une forme de compétence « infra-conceptuelle ».

« Pensement », faire une œuvre de cela.

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Représenter la pensée, c’est représenter l’irreprésentable.

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Ne jamais perdre de vue l’idée que le moyen privilégié de la pensée, le langage, consiste au moyen des sons et des signes,  à rendre mentalement présent ce qui, physiquement, est absent.

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Image et vérité factuelle. Celle-ci s’est absentée, a déserté le cliché remplace par la photomontage de la réalité. Il en découle une rétrograde pour le moins ringarde qui prône l’hyperréalisme artistique là où plus que jamais,  trône le factice.

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C’est n’est pas notre animalité que nous aurions dû quitter mais notre « machinalité ».

 

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Ne penser qu’en idées traitées en images.

 

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Ils parlent de l’argent comme de Dieu. A-t-on bien fait de le tuer ?

 

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De l’inutilité de la philosophie. Cf. élèves du CFA. Leur argument : Abstrait. Se réfère à des choses qui n’existent pas.

Soit.

Néanmoins, l’activité cérébrale existe ; c’est une réalité. Dès lors, il nous faut réfléchir sa réalité – cette pensée qui se pense (s’analyse comme telle).

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Appréhender cette matérialité là est la nécessité de la philosophie. Il n’y a pas plus concret et abstrait à la fois.

 

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A propos des « pensoirs de poche » comme livres à faire, défaire et refaire, qui me font surtout.

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Boire seule ? Etre suffisamment peuplée pour ne pas culpabiliser ?

 

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Morin : « Ce qui meurt aujourd’hui, ce n’est pas la notion d’homme, mais une notion insulaire de l’homme, retranché de la nature et de sa propre nature. »

« L’unité de la forêt ne doit pas cacher la multiplicité ni la diversité des arbres. »

(Complexité, terme dérivé du latin, complectere : entrelacer, tisser ensemble.)

La complexité est l’expression de l’unité dans la diversité.

« La méthode de la complexité n’a pas pour mission de retrouver la certitude perdue et le principe Un de la vérité. Elle doit au contraire constituer une pensée qui se nourrit d’incertitude au lieu d’en mourir. »

« Biodégrabilité de la vérité », faire une œuvre de cela.

« La complexité est un mot problème et non un mot solution. »

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Réfléchir (sur) la pensée.

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« Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté, pour la première fois, un coup d’œil intelligent sur soi-même. » Marguerite Yourcenar.

 

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Dés-astres terrestres – faire une œuvre de cela.

 

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Observer un hasard sans nécessité.

 

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« Exister est un mode d’être aléatoire. » Morin.

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Relation intra-utérine mère-enfant constituée à la fois d’une symbiose, d’une antibiose et d’un parasitisme. Effectivement, l’embryon, biologiquement, est un parasite qui se nourrit de son hôte, la mère, et ne donne rien matériellement en échange. Cf. Concept d’antibiose de Paul Vuillemin (parasitisme : para-après ; sitos-nourriture).

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Morin : Métissage verbal entre itinéraire et errance : « Itinérance ».

 

La méthode : « La Nature (physis) ; La vie (bios) ; La connaissance (épistémé). »

 

« Les étoiles, elles aussi (à l’instar des humains) vivent de leur mort et meurent de leur vie, puisque chaque instant d’existence contribue à épuiser la réserve qui les nourrit. »

 

A propos du cosmos mort-né : « Il y a des lois générales et une science du général seulement parce que l’univers est singulier : c’est-à-dire que son origine et son originalité constituent des déterminations. »

 

Anthropomorphisme – projection, cosmomorphisme, identification.

 

Plus qu’une technè revendiquée par Prométhée, le feu morinien, en créant un foyer, « lieu de protection et de refuge, libère aussi le sommeil » et par là même le rêve.

 

« La conscience n’est qu’un épiphénomène… C’est une lueur vacillante, sans cesse submergée par le flux pulsionnel, recouverte par le mythe ou le système rationalisateur. »

 

« La conscience n’est pas la lumière qui éclaire l’esprit et le monde, mais c’est la lueur ou le flash qui éclaire la brèche, l’incertitude, l’horizon. »

 

« La pensée complexe accepte le défi des contradictions. Elle ne saurait être, comme la dialectique, le « dépassement » des contradictions. Elle est leur désoccultation ; leur mise en évidence et appelle au corps à corps avec la contradiction. »

 

Les Idées, leur habitat, leur vie, leurs mœurs, leur organisation. Faire une œuvre de cela.

« Noologie » et « Noosphère » dérivées de Noûs : esprit.

Noologie : l’organisation des idées.

Noosphère : la vie des idées.


Toute rationalisation est délirante puisqu’elle prétend réduire le réel à l’idée.

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Morin : Théorein en grec signifie déjà « observer, contempler ». Toute observation est donc nécessairement au sens premier « théorie » ; de même, toute théorie relève aussi de l’observation puisqu’elle nous dit comment et à partir de quel point de vue contempler le monde.

La « théorie de l’observation » se mue en méta-observation : observation de l’observation, et, par là même, théorie des théories.

 

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Pour installation pièce –cerveau : Labyrinthe circulaire du penseur se pensant –Objectiver  comme « objet » de pensée, c’est-à-dire produire un moi pensé-pensant. Subjectiver comme sujet de pensée. Auto-réflexion.

Fabriquer en quelque sorte une méta-pensée : pensée de la pensée.

Mouvement circulaire, boucle au retour poïétique sur elle-même. Le cercle comme réalité ontologique.

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Morin : « J’ai voulu montrer qu’il faut réintégrer dans toute science, y compris la plus physique, le sujet par le haut, c’est-à-dire l’observateur/concepteur. »

 

La physis, en tant qu’auto-organisation, est perçue par Morin comme une sorte de double organisationnel de la réflexion (à ceci près que la physis dans la récursion sur elle-même est poïétique et auto-productrice.)

 

« L’esprit est dans le monde qui est dans l’esprit. »

 

« Quiconque écrit se croit soleil.» Ce pourquoi il faut « s’ex-orbiter ». Dès lors, on peut se mettre en orbite autour de l’autre, soit se dédoubler réflexivement en observateur-observé, créer un micro-système cosmique avec un ou  plusieurs  centres du moi autour desquels gravitent des « satellites ».

 

Le problème moderne, dit-il en substance, n’est pas d’être reconnu par son père, c’est de le reconnaître. 

 

« Le grand phénomène qui prépare l’hominisation et qu’accomplit, croyons-nous, sapiens, et non le « meurtre du père » mais « la naissance du père ».

(Il s’agit, en effet, de mon postulat dans Petite scénologie de la pensée.)

 

« Ce qu’il nous faut comprendre, ce n’est pas la culture en excluant la nature, ce n’est pas l’esprit en excluant le cerveau ; à l’inverse, nous ne pouvons comprendre notre nature en en excluant notre culture, notre cerveau en en excluant notre esprit ; il nous faut concevoir l’ « unidualité » complexe de notre état naturel-culturel, de notre cerveau-esprit, notre réalité à la fois naturelle et méta-naturelle, c’est-à-dire cosmo-physico-bio-anthropo-sociologique. »

 

« Nous sommes autres que les autres vivants, non parce que cette tête s’est dégagée à moitié du corps, mais parce que cette tête vivante a développé de nouvelles formes de vie :

-Vie des idées

-Vie de l’esprit

-Vie de la société. » 

 

« (…) nous devenons métamammifères lorsque nous pouvons vieillir tout en étant jeune et demeurer jeune vieux- c’est-à-dire jouer et apprendre toute notre vie… »

 

« Homo sapiens, avec son gros cerveau, sa juvénilité adulte,  est une tête chercheuse tous azimuts, et c’est dans la technique, le voyage, l’exploration, la prospection, la gastronomie, le jeu, l’amour, l’érotisme, la drogue, la mystique, la poésie, la philosophie, la science que se déploient ses recherches, dont celle-ci… ».

 

« L’hominisation ne supprime pas l’animal en l’homme, elle l’accomplit. ».

 

« Ainsi, s’il n’y a pas une finalité de la vie, il y a un complexe de finalités dans le simple terme vivre. (…) Autrement dit, la finalité de la vie ne peut s’exprimer que dans l’apparente tautologie vivre pour vivre. (…) La finalité de la vie est immanente à elle-même, sans pouvoir se définir hors de la sphère de la vie. »

 

« L’existence du double est attestée par l’ombre mobile qui accompagne chacun, par le dédoublement du reflet dans l’eau, c’est-à-dire l’image. Dès lors, l’image n’est pas qu’une simple image, elle porte en elle la présence du double de l’être représenté et permet, par ce truchement, d’agir sur cet être (…) »

Parallèle avec le langage qui consiste à rendre mentalement présent, au moyen des signes et des sons, ce qui, physiquement, est absent.

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Travailler autour des notions  d’animalité humaine et d’humanité animale.

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Si le vitalisme défend le principe de l’autonomie de la vie, que pourrais-je inventer, quant à moi, pour défendre le principe de l’autonomie du vivant ?

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Observer les phénomènes  réels depuis le phénomène humain. Autrement dit, la physique, la biologie, etc., dans le champ de la réflexivité.

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A propos de la naïveté théologique ou religieuse qui fait du nombre des croyants un argument. Si la foi est si répandue, c’est tout simplement parce qu’elle est inhérente à une structure mentale ; une propension à croire elle-même inhérente à la réflexivité constitutive de notre pensée.

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La « Vérité » est le sentiment sublimé de notre impuissance. Comme telle, elle est une tension vers l’impossible, cet idéal construit sur notre propension au mensonge (à la déformation humaine). En ce sens, la « vérité » est une réaction à, c’est-à-dire une lutte contre notre « nature ».

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Les drogues agissent sur le cerveau en en révélant sa « nature » comme son processus.  Car notre activité cérébrale est une extrapolation qui consiste à opérer en permanence des modifications de soi. 

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Comment le processus accouche du résultat.

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PENSOIR DE POCHE IV 2011/2 ©Virginie BOUTIN

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