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PENSOIR DE POCHE

 

 

Notes de travail et notules de lecture d'une pensée à l'oeuvre. 


 

Faire des objets des idées ou, plutôt, traiter les objets en idées ou encore, traiter les idées en objets.

 

   


 

 

Mise en scène de soi à l’endroit de sa mise en abîme nécessaire.

L’activité principale du cerveau consiste à effectuer en permanence des modifications de soi en fonction des variables corps et dehors.

Connexions, mutations – plasticité.

A l’instar du monde, le corps est une organisation spatio-temporelle dont les parties interagissent.

 

 


 

La pensée ne représente pas le monde, c’est elle-même qu’elle représente.

La réflexivité de la pensée s’origine dans son dispositif adaptatif.

  

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Réfléchir la pensée dans une forme-concept.

  

 


 

A propos de ceux qui considèrent que l’art est affaire de décoration appliquée.

La décoration consiste à vouloir plaire indéfiniment aux autres ; l’art marque la volonté de se plaire infiniment à soi ; s’inventer tel que l’on se cherche et non tel que l’on se trouve.

  

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Représenter la pensée à elle-même.

  

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« L’art est un mensonge qui nous permet de dévoiler la vérité. » Picasso

 

La vérité, si tant est qu’il en soit une, est que tout ce que nous prenons pour vrai est le fait de notre mensonge constitutif.

 

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« L’œuvre d’art, c’est une idée qu’on exagère. » André Gide

 

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« Qui voit la figure humaine correctement ? Le photographe, le miroir ou le peintre ? » Picasso

 

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« Pour canaliser et exalter cette joie d’être ensemble, l’armée a mis au point la plus belle création du génie humain. J’ai nommé la marche au pas. » Desproges

Faire une œuvre de cela.

 

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Peine de merde – un titre pour une œuvre ?

 

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L’artiste est celui qui manifeste toujours seul.

 

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Je ne veux pas que mes œuvres plastiques me survivent, d’elles comme de moi ne restera que l’image. L’image est, au bout du compte, ce qu’il reste ou plutôt, une idée-image.

C’est ce que garderont les vivants d’après moi. Mais n’est-ce pas seulement ce qu’il y a de moi, de mon vivant, parmi mes contemporains ? On n’est jamais qu’une abstraction.

  

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Exposer : oser poser, hors de soi.

  

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On ne peut avoir que deux certitudes : celle d’être né et celle de mourir. Toute autre est vaine.



La beauté du futur est à entrevoir avec des défauts – déconstruction de la notion de perfection. Nos objets doivent être ainsi conçus.

  

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Elémentaire – élément terre.

Commentaire – comme en terre.

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Antiquité : l’artiste créait un pont entre les hommes et la nature pour que les hommes voient à quel point la nature est belle.

Aujourd’hui, les artistes semblent vouloir créer un pont entre les hommes et la technologie pour leur en montrer la beauté.

  

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Ensevelis par nos objets, sommes-nous condamnées au minimalisme ?

 

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Réaliser mon autoportrait sur un miroir.

  



La beauté formelle est avant tout une pensée.

  

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Certaines déceptions sont peut-être plus douloureuses, plus destructrices que l’acception de l’illusion.

  

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Mécanisme d’attirance et de répulsion qui régissent le comportement des atomes. Exclusivité de l’ADN : faire un double d’elle-même… (L’ARN provoque la fabrication des protéines qui constituent le matériau dont sont faits les êtres vivants.)

  

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Le propre de l’homme en questions. Concevoir le propre de l’homme, c’est le singulariser au sein du vivant. Or cette volonté de se singulariser est peut-être le seul propre de l’homme qu’il nous faut considérer.

 

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Créer des objets en mouvement – en mue, précisément. La vidéo ? Cela dit, ne capte-t-on pas le mouvement en l’immobilisant ?

 

Installations « cages » à échelle humaine / cabinet / pièce-cerveau / milieu conceptuel / théâtre de la pensée. A mettre en scène.

  

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Toujours la même, toujours une autre.

 

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Le temps n’est pas « celui » contre lequel il faut se battre, il est le mouvement que l’on donne à la vie pour oublier son arrêt.

 

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A propos de la comparaison entre les artistes de l’antiquité et les artistes contemporains (…)

Mon travail tend à créer un pont entre l’homme et sa pensée qu’il ne regarde pas ou plutôt ne voit pas ou encore ne sait pas discerner. Montrer, en effet, que la nature comme la technologie sont nées sous son regard, façonnées selon ses nécessités et auxquelles il s’est identifié.

 

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Parallèle entre la cruauté innocente de l’animal et l’innocence de l’enfance. C’est ça l’innocence, égorger tout simplement… Faire une œuvre de cela.

 

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L’univers est une somme de superpositions et non de destruction, nous pouvons observer le « passé » de l’univers, le temps écoulé en années lumière (extension).

Le cerveau est également une somme de superpositions (triunique), toutefois,

  

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Qui a entraîné l’autre ? Le fixisme des espèces est-il la conséquence de la conception religieuse du monde selon laquelle rien ne doit ni ne peut changer puisque chaque chose du monde créée par Dieu est parfaite, à l’image précisément de son créateur ou l’inverse ?

 

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« Il faut savoir changer pour rester soi-même. » Simone de Beauvoir

 

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« Si l’homme avait les sens d’un animal, il n’aurait pas de raison. » Herder

 

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Est-ce la matière qui détermine la forme ; la forme qui détermine la matière ou se déterminent-elles l’une l’autre simultanément – à la jonction de leur complexité ?

 

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Si les mots sont la chair de la pensée, les images en sont la peau et les concepts les pores.

  


 

« La forme est une vue de l’esprit, une spéculation sur l’étendue réduite à l’intelligence géométrique, tant qu’elle ne vit pas dans la matière. » Focillon

  

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Le sens esthétique en réaction à la violence inhérente aux phénomènes naturels et par extension aux rapports humains dont la nécessité de survivre au sein d’un environnement violent et incertain les contraint à lutter parfois les uns contre les autres. 

  

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« Ligne de fuite », concept deleuzien. Le langage, habituellement, désigne des choses et évoque des images : désormais ces choses et ces images sont des états par lesquels la ligne passe en fonction de leurs intensités respectives comme différentes intensités électriques ou magnétiques sont reliées par les lignes du champ en physique.

  


« Quelle est l’image populaire de l’artiste ? Glanez un millier de description et vous obtiendrez, au total, le portrait d’un crétin : il est réputé puéril, irresponsable, ignare ou nigaud dans la vie quotidienne. Cette image n’implique pas nécessairement censure ni méchanceté. Ces faiblesses sont imputées à l’intériorité avec laquelle l’artiste se plonge dans sa forme de fantaisie et au fait que le fantastique (plutôt la fantaisie) lui-même n’est pas de ce monde. » Rothko

  


Essayiste : un écrivain dont la pensée s’essaye à elle-même.

 

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Je n’ai pas une beauté canonique. Je cultive l’art de ne pas être belle ; j’entretiens mon charme. Le charme ? C’est ce qui me plaît infiniment à moi mais qui ne plaît pas nécessairement à l’autre.

  

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Tendre à rendre visible l’esprit. Serait-ce cela percer l’invisible ?

  

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Comment ne pas être désabusé quand on se laisse ainsi abuser ? Dramaticule tragi-comique du quotidien qui rend risible ou cafardeux toute tentative d’extraction du normal. Trop normal pour être vu. C’est le lot de notre drame que de passer inaperçu.

 


 

 

Quand le réel se banalise, on invente la normalité.



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Une explication évolutionnaire de l’égocentrisme : le fait d’être égocentriques augmente à la fois les chances d’avoir effectivement raison (les individus égocentriques sont « programmés » pour défendre les nouvelles positions et ont plus de probabilités d’innover avec succès)et celles d’être suivies par les autres ( soit parce que l’on a effectivement raison soit parce que l’égocentrisme va souvent de pair avec le charisme.)

Homo egonomicus : le fait d’avoir raison ou d’avoir le dernier mot est soi source d’utilité pour les individus à l’ego surdimensionné, de telle sorte qu’ils sont prêts à défendre des thèses originales ou qui rentrent systématiquement en contradiction avec le sens commun  pour  avoir raison. La question est alors pourquoi les individus ont un ego hyperdéveloppé ?

  

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Plus orgueilleuse que l’invention de Dieu, l’homme qui se ré-invente à la mesure de celui qu’il a créé puis décréé.



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Sur la reconnaissance – « Les marques honorifiques ne séduisent jamais que les esprits faibles. Mieux vaut vivre dans l’opprobre que dans les honneurs ; pas de grades surtout. La liberté à tout  prix, la liberté de penser. Les honneurs on vous les accroche comme des tapisseries devant les yeux et les oreilles. Le moyen de voir encore ? Le moyen d’entendre ? Les honneurs asphyxient les belles années. » Canetti

 

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L’expérience du mimétisme –  l’adaptation n’est que le résultat d’une mutation maladroite qui n’a pas réussi.

 

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Les mots manquent toujours quand la vie nous impose son silence.

  

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Préhension : contact/rencontre.

Appréhension : Non contact/non prise sur le réel.

Compréhension : Prendre avec soi ; autogreffe.

  

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L’homme est-il un animal comme les autres puisqu’il est le seul à rompre avec son animalité ? Ce qui reviendrait à considérer l’homme comme une espèce d’animal désespécé.

 

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« Jamais je n’ai eu vent d’un seul homme attaquant le pouvoir qui n’ait pas eu le désir de s’en emparer. » Canetti




Le pouvoir ne peut être l’instrument d’un seul homme comme il ne peut se partager. Le pouvoir est une tyrannie qui enferme autant l’individu dans son désir que le peuple dans le manque. Le pouvoir est à renier en tant qu’il se définit comme la capacité d’une ou plusieurs personnes à exercer leur autorité sur un tiers. Le seul pouvoir qui vaille est celui que l’on retourne contre soi ; l’autorité que l’on s’inflige à soi-même. Sous l’angle politique, il nous faut remplacer le pouvoir par son contraire. Exercer un non-pouvoir, c’est laisser chacun libre de ne pas pouvoir :

      -    Tu ne peux pas car il n’est pas dans ton pouvoir de. 

-         Pourquoi ne serait-ce pas en mon pouvoir ?

-         Parce que s’octroyer un pouvoir, c’est ne pas en être capable sans s’en emparer.

 

-         Il est dans mon pouvoir de tuer un homme donc.

 

-         Oui, comme il est dans ton pouvoir de te tuer. Peux-tu te tuer ?

 

-         …

 

-         Alors il n’est pas en ton pouvoir de tuer un autre homme.

 

Légitimation de la loi du Talion sur laquelle finalement, la plupart de nos modes de justice sont fondées ? Non, anti-loi du Talion ; il ne s’agit pas d’être puni à l’égal de ce que l’on a fait subir mais de ne pas faire subir à l’autre ce que nous ne pourrions pas nous infliger. Il ne s’agit pas d’aimer l’autre comme un frère, comme notre semblable, de le traiter en égal, mais de se prendre comme référence. « Ne fais pas à l’autre ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse » ? Non, plutôt, je ne ferai pas à l’autre ce que je ne me ferai pas à moi-même. Ça renverse les données. L’autre perçu comme moi n’est pas le coupable, moi perçu comme l’autre n’est pas le coupable, il n’y a que des victimes. Etre victime de soi. Coupable d’être victime de soi. J’annihile autrui (ça ne va pas être trop difficile), je deviens mon unique référence. Une idéologie de l’individualisme en devenir, à venir ; qui sait ?






Personne ne veut mourir, pas même les suicidés. On se suicide peut-être parce qu’on ne veut pas mourir. Mourir de. Aussi paradoxal que cela puisse être, le suicide est peut-être une négation de la mort. Même lorsque l’on se suicide pour ou par amour, c’est parce qu’on refuse de mourir de chagrin…

  

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Il se peut que nous soyons devenus hommes en domestiquant l’animal.



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Les religions nous font aimer la mort, quand on perd la foi, on déteste la mort, la fausse vie en laquelle on nous a fait croire.

Dois-je détester la mort pour aimer la vie ?

  

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« Non, je ne puis me modérer. Il est trop méprisable de se fixer sur quelque chose de particulier comme s’il s’agissait de tout. Je veux tout sentir en moi avant de le penser. » Canetti

 

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Tiens Rousseau. L’homme n’est ni bon ni méchant naturellement, puisqu’il n’a aucune notion ni de l’un ni de l’autre, indépendamment de sa culture.

  


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Le bon produit sociétal suspecte toujours la pensée en elle-même car lui ne l’utilise que pour l’amener directement à l’exercice du pouvoir. A l’inverse, le penseur se plaît à cultiver un territoire où il n’a effectivement besoin de se soumettre à personne. Que la pensée ne vise pas immédiatement un but pratique constitue pour lui une énigme.

  

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Canetti : « Les hommes peuvent uniquement se sauver les uns les autres. C’est pour cela que Dieu se déguise en homme. »   

 

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 « Entre vivre une chose et la juger, il y a la même différence qu’entre respirer et mordre. » 

   

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« Ne surestimes-tu pas les transformations des autres ? Il y en a tant qui portent toujours le même masque ; et quand on veut le leur arracher, on s’aperçoit que c’est leur visage. »

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« Combien s’en trouvera-t-il encore pour accorder du prix à la vie ; dès l’instant qu’on ne mourra plus ? »

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" Le bonheur c’est de perdre tout tranquillement son unité, chaque émotion arrivant, se taisant, s’en allant, chaque partie du corps écoutant pour son compte."

 

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Comment se fier à des gens dont l’imagination est paralysée par la certitude ?

  

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A prendre en considération : pourquoi s’est-on ainsi reproduit ? Parce que c’est le moyen pour les peuples de coloniser davantage. La reproduction est politico-économique ou l’inverse. Elle ne répond à aucune autre nécessité.

  

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Je respire bien dans mon univers, l’air y est pur parce que j’y suis seule.

  

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« Ce qui caractérise le philosophe, c’est l’extrême rareté de ses idées maîtresses et la façon fâcheuse et opiniâtre avec laquelle il les remâche. » Canetti

  

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Pièce-cerveau. On y rentrerait comme dans un cabinet de curiosités où les objets seraient comme des mues de la pensée. A l’intérieur de notre boîte crânienne, la captivité serait l’espace de notre liberté ouverte aux divagations, (interphénomènes mentaux) par associations d’idées, emboîtements insolites faisant la complexité de notre pensée.

Réalisations vidéos du dispositif réflexif,  cellule-cerveau pour représenter la pensée à elle-même.

 

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« Ne plus parler, ranger sans un mot les mots les uns à côté des autres et les regarder. » Canetti

 

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La guerre laisse entrevoir le doute. Si la certitude de l’immortalité s’avérait fondée, quelle vacuité représenterait la mort ?

 

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Retour sur le non-pouvoir comme nouvelle éthique : non pas « aimez vous les uns les autres » mais aimez-vous pour aimer l’autre. Trouvez en vous, en l’homme, les raisons d’aimer son congénère. Qu’y-a-t-il « d’humain » en moi et de commun aux autres ? Pourquoi ? Le début d’une nouvelle éthique centrée sur l’individu comme incarnation, personnage représentant l’espèce.

 

 

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Parallèle intéressant avec la néotonie, Canetti: « La lenteur des plantes constituent leur plus grand avantage par rapport aux animaux. Les religions de la passivité comme le bouddhisme et le taoïsme veulent aider les hommes en les ramenant vers une vie semblable à celle des plantes. Peut-être n’ont-elles pas conscience de cette vertu de leur enseignement mais la vie agitée contre laquelle ils elles se dressent est éminemment animale. »  

Les plantes n’ont pas de sauvagerie (?)

 

≡ 

 

« Dans la mesure où nous cultivons avant tout la prétention de penser, nous évoluons presque tous, de nos jours, dans les sphères de la psychologie. Mais en cela, nous confessons une pauvreté d’une telle tristesse qu’il est difficile d’en imaginer une pire. Positivement, nous sommes devenus humbles et modestes. C’est une question d’hygiène spirituelle, de nos jours, que de ne pas trop en savoir. Le temps est révolu des penseurs qui aspiraient à tout. Leurs noms, certes, sont demeurés grands mais on ne prend plus au sérieux leurs solutions parce qu’ils n’étaient pas des spécialistes. On rencontre encore de-ci de-là, quelques natures ambitieuses qui, du moins veulent savoir ce qu’il est possible de connaître avec certitude. Mais est-ce bien là qu’est l’essentiel ? Ce qui importe, ne serait-ce pas plutôt le contraire ? C’est l’incertain qui devrait être le royaume propre de la pensée. C’est dans l’incertain que l’esprit devrait poser ses questions ; c’est dans l’incertain qu’il devrait fouiller et remâcher ; c’est dans l’incertain qu’il devrait désespérer. »  

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Indépendamment des perceptions directes, on imagine ce que l’on pourrait voir ou entendre, jamais la tête n’est coupée du corps.

 

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A propos des pièces-cerveau – mise en scène d’un milieu ; mise en espace de notre aire cérébrale. Comment l’occuper, la matérialiser ? – mise en scène de soi ; interaction avec le milieu créé.

Donner à voir la complexité, à proprement parler, ce qui est tissé ensemble.



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La pensée ne représente pas le réel, elle s’y représente elle-même. Il ne s’agit donc pas de questionner le réel mais d’interroger la pensée le concevant, autrement dit, de considérer le réel depuis sa représentation. Car, si nous sommes capables de concevoir le réel, de le représenter, cela ne veut pas dire que le réel coïncide avec l’image que nous lui prêtons, cela veut seulement dire que l’acte de penser est notre mode d’appréhension du réel.

 

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Retour sur Petite scénologie de la pensée : Il s’agissait de « disséquer » nos conceptions du monde, tant philosophiques que scientifiques pour montrer la réflexivité à l’œuvre.

Comment la pensée se réfléchit-elle sur le réel, au point de le faire penser, malgré lui.

 

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Trame d’intention : Il est une donnée factuelle que l’on peut difficilement nier, quoi qu’elle fasse, la pensée est incapable de se quitter, inapte à ne plus penser, d’où son sentiment d’absoluité qui pourrait bien tenir sa raison d’être de son élémentaire indissociabilité.

C’est-à-dire que la pensée ne représente pas le réel mais qu’elle s’y représente elle-même.

Il s’agit donc moins de questionner le réel que d’interroger la pensée, capable, en effet, de le concevoir.

Car, qu’est-ce que penser sinon l’art de rendre le monde pensable ?






 

Concevoir, c’est voir avec la pensée.

 

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Pour texte bicéphale.

Titre : Les pensées alambiquées du bicéphale :

Complexité humaine à l’échelle cérébrale : aléatoire / accidentel ; connexions/liaisons ; superpositions/sédimentations ; ouvertures/obstrusion ; corporéité/abstractivité.

L’expérimentation comme « essence » de la pensée. La complexité comme matière, la simplification pour fonction. Simplifier c’est réduire à l’unité. La pensée s’est simplifiée et a simplifié la vie en concevant leur unité. (il n’y a pas d’unité du vivant).

 

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Mutualisme ou co-mutualisme. Phantasme de l’origine et de la destination.

 

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Il n’y a que dans l’aveuglement que l’on se prétend voyant.

 

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« " La beauté intérieure " est une contradiction en soi. Les miroirs ont apporté au monde davantage de beauté ; ils reflètent même aussi son éloignement, sa dérobade. Il est probable que beaucoup de la beauté la plus ancienne est née du regard porté sur les eaux. Mais les miroirs sont devenus trop fréquents ; et c’est pourquoi ils ne nous montrent plus guère, la plupart du temps rien que ce qu’on attend. » Canetti

 

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Comment la pensée s’est elle-même inventée en concevant le monde.

 

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Traiter les idées en objets – les réifier.

Chosification de la pensée.

 

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Pourquoi croit-on en nos inventions ? Autrement dit, pourquoi oublie-t-on qu’elles le sont ? Dimension fascinante de l’imagination, par extension de la réflexion qui n’éprouve pas sa complexité.

 

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Symptôme parmi tant d’autres : les gens aiment de plus en plus parader mais ont de moins en moins de choses à se dire en société.

 

 

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Faire des œuvres où l’écriture deviendrait sculpturale.

 

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Trame d’intention : La pensée est précisément mon objet de réflexion.

La réflexivité est la dimension de mon travail.

Je créé des dispositifs qui renvoient les spectateurs à la complexité de la pensée.

Créer des emboîtements d’idées insolites, des associations d’images improbables.

Inventer du sens.

 

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Intelligence, du latin intellegentia ( faculté de comprendre) dérivé de intellegere signifiant comprendre et dont le préfixe inter (entre), et le radical legere (choisir, cueillir) ou ligare

(lier), suggèrent essentiellement l’aptitude à relier des éléments qui sans elle resteraient séparés.

 

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Expérience de la solitude : Si j’étais seule, je me couperais en deux pour qu’une moitié forme l’autre. Fantasme du mythe platonicien de l’amour.

 

 

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Canetti : « Chez l’homme qui possède une forte personnalité, c’est l’impersonnel qui le retient ; il a collectionné le monde entier mais s’est oublié soi-même ! »  

 

« La mort renverse ce qui est proche de nous et, si l’on n’en peut plus de douleur, elle dit en souriant : tu n’es pas aussi impuissant que tu le sens, tu peux aussi te renverser et ta douleur avec. Elle nous inflige les souffrances dont elle peut alors nous délivrer. Quel juge bourrau fit-il mieux son métier ? » 

  

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Desproges:  « accroche-cons (…) qui vous accroche la bête au plus bas de son cortex ou de son caleçon. »  

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« Exigeons une bonne fois pour toute qu’on habille le petit Jésus dans la crèche : toute cette nudité, ça fait triquer les pédophiles. » 

 

 ≡

 

« Le savoir-vivre est la somme des interdits qui jalonnent la vie d’un être civilisé, c’est-à-dire coincé entre les règles du savoir-naître et celles du savoir mourir. »  



 ≡ 

« Facile : se dit d’une femme qui a la moralité sexuelle d’un homme. » 

  

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« La gravité est le bonheur des imbéciles. » 

 

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« Je suis le contraire d’un artiste engagé, je suis un artiste dégagé. » 

 

 

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« La seule conscience politique que j’ai, c’est de tenir à ne pas en avoir. Pas du tout par lâcheté. C’est parce que j’ai jamais pu m’apercevoir que la Gauche était mieux que la Droite ou que les Rouges étaient mieux que les Noirs. » 

 

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« D’Etat ou pas, la télé c’est comme la démocratie : c’est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité. » 

 

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« Les riches, au fond, ne sont jamais qu’une minorité de pauvres qui ont réussi. » 

 

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« Le plus court chemin de la barbarie à la décadence passe toujours par la civilisation. » 

 

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« J’ai un profond respect pour le mépris que j’ai des hommes. » 

 

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« Si l’union fait la force, la force n’a jamais fait l’intelligence. » .

 


 

 

« De la différence entre un psychotique et un névrosé. Un psychotique c’est quelqu’un qui croit dur comme fer que 2 et 2 font 5 et qui en est satisfait. Un névrosé, c’est quelqu’un qui sait que 2 et 2 font 4 et ça le rend malade. »  



PENSOIR DE POCHE II 2010/2 ©Virginie BOUTIN

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