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"Mettre en scène la pensée comme l'art de rendre le monde pensable", telle est bien l'ambition de ce singulier essai qui interroge pertinemment la pensée au sein de la théorie de l'évolution et repense sous un éclairage  déconcertant cet apanage du genre humain,   à travers  nos conceptions du monde, tant philosophiques que scientifiques, dans un style facétieux des plus audacieux ...



L'A-PROPOS DU LIVRE :

      La sélection naturelle pour nouveau théâtre conceptuel, la pensée se définirait-elle dans un sens purement biologique, comme le rapport adaptatif qui lie l’espèce et l’individu à leur milieu ? Interface entre l’expérience sensible et les liaisons que le cerveau combine, la pensée serait-elle ce singulier produit de son face-à-face avec la vie ? Et si entre le corps et le dehors, il y a la pensée qui pense leur rapport, n’est-ce pas à considérer l’intellection de cette relation comme la nécessité à laquelle se conformer, en s’inventant dans cet intervalle particulier ? Dès lors, que serait « penser » sinon cette disposition à mettre en scène le rapport entre soi et le monde ?
     
La pensée
s’est conçue à la vie en la concevant, anthropomorphismes et anthropocentrismes sont donc les suites naturelles de notre processus évolutif. La pertinence de cet essai est bien de disséquer la pensée à l’endroit de la vie qu’elle fonde en idées et ainsi rejouer l’invention permanente de la pensée en évolution, à travers nos conceptions du monde enfantées par les sciences et la philosophie, de l’émergence du phénomène humain à notre contemporanéité.

 

TABLE
Hors-scène
Prologue
Scène protométaphyisque - " L'être-dans-la-mère"- Divagation première
Scène métaphysique - "L'être-dans-le-père"- Divagation suivante
Scène postmétaphysique - "L'être-jeté-dans-le-monde"-Divagation dernière
Epilogue
Hors-scène
Index des noms

A PROPOS DE L'AUTEUR :

VIRGINIE  BOUTIN est plasticienne et essayiste. La dimension réflexive de ses recherches tend à rendre sensible nos inventions comme notre inventivité, pour opérer sur le mouvement d’ensemble du processus de notre pensée. 

 

 

                
  
EXTRAITS :

H o r s – s c è n e

 

 

? — La pensée a comme un tracas dans la tête, coincé là entre ses 1300 grammes et des poussières de neurones d’où elle s’envole tantôt légère, tantôt fatale. À moins que ce ne soit ailleurs, quelque part dans le corps, là où ça fait mal ; peut-être bien au deux, peut-être bien partout, peut-être bien nulle part, on ne saurait trop dire où, si ce n’est que c’est là, quelque part chez vous. Quelque part chez soi où vous n’êtes plus chez vous. Trop d’espace. Trop de vide.

 

?’ — Solitude amère.

 

? — Une grimace à flanc de larynx.

 

?’— In vivo, bistouri au poing, à la recherche de la défaillance technique, mais rien. Pense à vide. Dans un premier temps, on n’a pas voulu y croire :

 

- « Vous n’y pensez pas, y a pas d’invention sans inventeur, on n’aurait pas idée ! Les méninges, c’est comme le monde, faut bien quelqu’un là-haut pour les faire tourner ? »

 

 

- « expérimental messieurs, dames, pas de dieu logé dans l’encéphale ; le diagnostic est sans appel ».

Nom d’un singe, le père, le fils, le Saint-Esprit, toute la petite famille expulsée à coup de scalpel. Nom d’un dépeupleur, imaginez.

 

- « Non, non, pas d’hystérie, oubliez le bistouri, qui, quand, quoi, où, comment ont les réponses à nos questions, on a tout juste simplifié le décor, changé le personnage principal, modifié l’action, reconsidéré l’intrigue … ».

Rideau. Qui veut une bonne petite amnésie ? Non, non, pas d’hystérie …

- « La représentation aura bien lieu ».

 


P R O L O G U E

 

À quoi servent encore les philosophes, les savants et les artistes, les penseurs ne devraient-ils pas s’être tus ? Pourquoi continuer ainsi à penser ce qui ne pense plus, rendre intelligible ce qui est dépourvu d’intelligence, signifier l’absence du sens, serait-ce cela la « bêtise humaine », son anthropomorphisme à tout va qui lui colle à la peau comme un défaut d’origine ? Car la pensée, « anature par nature » dirait le biologiste, séparée de celle-ci à l’endroit précis de leur contradiction, s’entête, poète, en ces temps de famine, à penser éperdument dans l’indifférence du monde qui ne pense pas. L’interminable vexation de la pensée se tient là, comme l’empreinte de son absurdité tragique au sein du vivant, la marque de sa singularité ou le sceau de sa « solitude insensée » – elle est la seule à penser la vie qui ne pense pas.

Ni œuvre ni héritière d’un quelconque démiurge, simple accident de parcours sur ce qu’elle nomme « évolution » pour faire encore bonne figure, bien que cette aventure soit « sans but, sans fin et sans finalité, erratique et folle ». Garantie sans origine, la pensée découvre avec stupeur son orphelinisme tardif auquel elle s’acharne, cependant, à chercher provenance et sens.

Pour quelle raison questionne-t-elle ainsi à tue-tête ce qui fait défaut à la vie ? Peut-être est-ce précisément parce que la pensée est incapable de se quitter, inapte à ne plus penser. Mais supposé, en effet, son impossibilité constitutive à appréhender la vie, autrement qu’en la pensant, ne la claustre-t-elle pas, fatalement, dans sa propre représentation ? Or, si la pensée ne sait faire que penser, s’interroge-t-elle, pour autant, sur ce fait ?

Désenflée de son Autre, désinvestie de l’invention de son créateur, quelle est-elle, désormais ? Quelle image d’elle-même pourrait-elle à nouveau projeter sur la toile de fond du monde ? Persiste-t-elle du reste à s’y mirer, contempler son reflet, maintenant que plus rien ne lui ressemble ?

Sans modèle ni référent, « idiote », donc, par nature, la pensée serait-elle en proie à sa première relâche représentationnelle ; se confronterait-elle enfin à ce qu’elle est, sa réalité sans pareille ? Alors dans quelle taxinomie sans inventaire situe-t-elle la bâtardise de son phénomène ou cet aléa de l’évolution ayant l’humain pour unique inventeur ? (...)

 

 


BOUTIN, Virginie. Petite scénologie de la pensée. Expérience sur l'idiopathie humaine. L'Harmattan, Paris, 2008, cit., p.7-10.

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Sophie Garreau Forrest – Service de Presse et Promotion

Éditions L’Harmattan - 5, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris

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