Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 09:25

MONUMENT, 2009.  


H o r s – s c è n e

 



? — Le monde est la scène de notre  gigantesque fiction, vous ne pouvez plus le nier ?

 

?’’  Des preuves.

?’  Des preuves, vous voulez des preuves ?


?’’  Comme je vous le dis.



?
— Empirique, on passe notre temps à passer à côté, vous vous ne lisez pas de mécanique quantique ?

 

?’’ 


?’  Par où commencer ?

 

?’’  Par le début.

 

?  C’est une monomanie. Je ne sais pas… si Darwin, par exemple !

 

?’’  C’est un homme.

 

? — Exceptionnelle propension à l’erreur, donc, vous comprenez.

 

?’ — Avant, il y eu Copernic, après Freud. Plutôt Nietzsche. L’homme a humilié l’homme dans toutes ses dimensions.

 

? — L’homme. Il feint de ne pas comprendre mais saisit trop bien. Tant que nous n’aurons pas trouvé mieux pour l’humilier, il se relèvera.

 

?’’ — Technologie.

 

?’ — ça ne vexe pas, ça conforte.

 

? — Une preuve en dehors d’une « intelligence » qui la pense n’en sera jamais une.

 

?’  C’est pourquoi l’homme n’a pas eu besoin de preuve de Dieu pour y croire.

 

? — ça renforce ce que l’on soupçonne. L’homme se refuse à penser son absurdité.

 

?’  Mais il pense celle du monde.

 

? — C’est le dernier leurre. Ce n’est pas le monde qui est absurde, c’est la pensée qui le pense.

 

?’ — Mais c’est bien pour cela que le monde est absurde, il ne pense pas !

 

?  Or, qu’est-ce que « penser » sinon l’art de rendre le monde pensable ?

 

?’’ — …



BOUTIN, Virginie. Petite scénologie de la pensée. Expérience sur l'idiopathie humaine. L'Harmattan, Paris, 2008, cit., p.113-114.


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